La Ville de Montréal peut maintenant mieux trier le contenu des bacs de récupération de ses citoyens grâce à son nouveau centre de tri, qu’elle dit être le plus moderne au Québec. L’établissement, situé dans l’arrondissement de Lachine, est inauguré officiellement mardi. La Presse a pu le visiter lundi.

Jean-Thomas Léveillé Jean-Thomas Léveillé
La Presse

Tri amélioré

Avec ses équipements de dernière génération, le Centre de tri des matières recyclables (CTMR) de Montréal permettra de fournir une matière de meilleure qualité, ce qui en augmentera la valeur et facilitera son recyclage au Québec, affirme le responsable de l’environnement au comité exécutif de la Ville de Montréal, Jean-François Parenteau. « Ça va améliorer l’accès aux marchés locaux et diminuer les exportations », a-t-il fait valoir lors d’une visite des lieux, lundi. Le processus sera d’ailleurs « plus transparent » quant à la traçabilité des matières qui en sortent, affirme l’élu. Le plastique, le métal, l’aluminium et le carton trouvent preneur au Québec, explique Maxime Roberge, chargé de projet de la Ville pour la construction de l’établissement ; restent « le papier mixte » et les contenants multicouches. Et le verre, mais le centre recevra en février l’équipement testé récemment par Éco Entreprises Québec, qui permet d’en améliorer le tri.

100 000 tonnes

D’une capacité de 100 000 tonnes par an, le centre de tri de Lachine recevra 58 % des matières recyclables de l’agglomération de Montréal. Cela signifie qu’environ 80 camions par jour viendront y déverser le fruit de leur collecte. D’ailleurs, pour la plupart d’entre eux, le trajet entre le lieu de collecte et le centre de tri s’en trouvera réduit, ce qui permettra de réduire les émissions de gaz à effet de serre liées à la collecte sélective, souligne la Ville. L’édifice de 7500 mètres carrés, fruit d’un investissement de 45 millions de dollars, vise la certification écologique LEED Or. Le bâtiment et les équipements appartiennent à la Ville de Montréal, mais la gestion a été confiée à un exploitant privé pour une période de cinq ans, qui peut être renouvelée. « On voulait s’assurer d’avoir un exploitant d’expérience », explique l’ingénieur Maxime Roberge.

Meilleures conditions de travail

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D’une capacité de 100 000 tonnes par an, le centre de tri de Lachine recevra 58 % des matières recyclables de l’agglomération de Montréal. Il offrira aussi de meilleures conditions de travail à ses employés. 

Avec des cabines de tri insonorisées, climatisées et chauffées, ainsi qu’avec une amélioration de la qualité de l’air, le nouveau centre de tri de Montréal offre aussi de meilleures conditions de travail à ses 35 employés. Leur travail est néanmoins exigeant : les matières de toutes sortes défilent à grande vitesse sur les tapis roulants, pas toujours dans des conditions pour faciliter le tri. « Vider ton Publisac, c’est pas plus long ! », illustre Maryse, affectée au « pré-tri », en saisissant justement un sac publicitaire rempli de circulaires, son deuxième en deux minutes, qu’elle doit elle-même vider. « Les gens ne pensent pas que c’est des humains qui font ça », ajoute-t-elle. Les appareils de tri automatisé interviennent plus tard dans la chaîne de travail, pour séparer les matières à l’aide de capteurs optiques, d’aimants, de jets d’air ou encore en secouant les matières.

Soulager Saint-Michel

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Jean-François Parenteau, responsable de l’environnement au comité exécutif de la Ville de Montréal

L’ouverture du centre de tri de Lachine permettra de diminuer la pression sur le Complexe environnemental de Saint-Michel (CESM), qui était jusqu’à tout récemment le seul centre de tri de l’île de Montréal. Il pourra notamment cesser de fonctionner 24 heures sur 24, six jours sur sept, ce qui permettra de le mettre « aux normes » en attendant la construction du nouveau centre de tri de l’est de la ville, d’ici quelques années, explique Jean-François Parenteau. L’horaire de travail devrait donc bientôt y être similaire à celui qui a cours au nouveau centre de tri : des quarts de travail de 12 heures, de jour, du lundi au samedi. Le centre de tri de Lachine est en rodage depuis le 28 octobre et devrait être pleinement opérationnel d’ici deux semaines.

Autant de rejets

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Selon la Ville, le nouveau centre est le plus moderne au Québec.

Si moderne soit-il, le nouveau centre de tri de Montréal ne devrait pas diminuer notablement le taux de matières provenant de la collecte sélective finissant à l’enfouissement, qui est de 9 % au complexe Saint-Michel. « Ce sont souvent des matières qui n’ont pas d’affaire là », explique le chef de division du Service de l’environnement de la Ville, Éric Blain. La Presse a effectivement pu observer lors de son passage toutes sortes d’objets qui n’auraient pas dû se retrouver dans le bac de récupération : des tuyaux d’arrosage, des vêtements, des feuilles mortes, un aspirateur, un évier et un pare-chocs de voiture. Le tout en moins de 15 minutes. « Il y a un travail de conscientisation à faire », constate Jean-François Parenteau, qui invite les gens à utiliser l’application mobile Ça va où, conçue par Recyc-Québec.

Des incongruités dans le bac

Le centre de tri de Lachine ne fonctionne que depuis deux semaines et, déjà, les employés ne comptent plus les objets inusités qui y ont été retrouvés. Si certains n’ont pas eu de conséquences sérieuses, d’autres ont entraîné un blocage des équipements et donc un arrêt momentané des activités. Certains auraient pu causer des bris, voire un incendie.