Pour la première fois en 10 ans, l’environnement et les changements climatiques sont au sommet des préoccupations des Canadiens.

Louise Leduc Louise Leduc
La Presse

À un sondage de l’institut Environics réalisé en pleine campagne électorale (entre le 7 et le 20 octobre*), 24 % des répondants au pays ont dit que c’était là leur souci principal. Suivent l’économie et le marché de l’emploi (14 %), la santé (9 %), le leadership gouvernemental inadéquat (8 %) et le coût de la vie (8 %).

À noter que les sondeurs n’offraient pas de choix de réponse, mais qu’ils regroupaient celles qui leur étaient données dans des catégories.

Au Québec, alors que les questions environnementales étaient la préoccupation principale de seulement 5 % des répondants en avril 2017, elles le sont maintenant pour 37 % des répondants du sondage Environics.

Autrement, les Québécois s’inquiètent surtout de la santé (10 %), de l’économie (7 %) et du coût de la vie (3 %).

De toutes les provinces du Canada, c’est au Québec, en proportions, que l’économie se retrouve le moins au premier rang des inquiétudes.

Fluctuations

Au fil du temps, la préoccupation pour l’environnement monte et descend. « Pendant une courte période, de la fin de 2006 au début de 2007, peut-on lire dans le rapport sur le sondage, l’environnement a été le plus grand souci des Canadiens pour être rapidement remplacé par l’économie quand a frappé la crise financière de 2008. Autrement, il faut remonter à 1989 pour retrouver l’environnement au sommet des problèmes les plus cités. »

Cette préoccupation environnementale est inégale d’un océan à l’autre. Si 37 % des Québécois estiment que c’est là le souci de l’heure, seulement 17 % des répondants des Prairies et 13 % des Albertains partagent ce même souci premier ; en Alberta, pour 29 % des répondants, c’est l’économie qui tracasse surtout les gens.

En entrevue, Andrew Parkin, directeur de l’Institut Environics, note qu’on aurait tort de penser que les Québécois sont soudainement écolos ou que les Albertains nient l’ampleur des changements climatiques. Ce n’est pas ce que dit le sondage, beaucoup ayant à voir avec le contexte de chacun.

Au Québec, l’économie va mieux et on s’en inquiète donc moins. À l’inverse, en Alberta, l’économie suscite de grandes inquiétudes et c’est ce que reflète le sondage.

Andrew Parkin, directeur de l’Institut Environics

Derrière cet intérêt cependant très partagé en général pour l’environnement, il y a sans doute l’effet Greta, « mais les feux de forêt, les inondations, les rapports de l’ONU marquent aussi sans doute beaucoup les esprits », avance M. Parkin.

Si les Canadiens de toutes les générations affichent leur inquiétude pour l’environnement, c’est chez les jeunes de 18 à 29 ans que cette préoccupation a fait le plus gros bond : il y a un an, 9 % des jeunes Canadiens en parlaient comme de leur souci principal ; la proportion a grimpé à 32 % cette année.

Pour l’ensemble du pays, seulement 2 % des répondants ont dit que l’immigration et les réfugiés étaient leur inquiétude principale.

*La marge d’erreur est de plus ou moins 2,2 %, 19 fois sur 20.