Il est désormais possible d’étendre son mode de vie zéro déchet jusqu’aux protections hygiéniques. Une entreprise québécoise offre des sous-vêtements réutilisables comme solution de rechange aux tampons et serviettes hygiéniques, un projet que certaines villes encouragent par des subventions.

Mayssa Ferah Mayssa Ferah
La Presse

Dans sa vie, une femme utilisera en moyenne 12 500 protections hygiéniques. Or, les 12 milliards de serviettes hygiéniques et 7 millions de tampons jetés chaque année dans le monde mettront plusieurs centaines d’années à se décomposer complètement. Un gaspillage considérable pour des produits utilisés de façon sporadique.

Certains tampons jetés dans les toilettes se retrouvent dans l’eau, endommageant au passage les nappes phréatiques. Ces chiffres ont fait réfléchir Érica Lebrun. « J’ai réalisé que mes protections sanitaires créaient des déchets qui traverseront plusieurs générations », dit la cofondatrice de Mme L’Ovary.

PHOTO ALAIN ROBERGE, LA PRESSE

Olivia Elting et Érica Lebrun, fondatrices de Mme L’Ovary, ont eu l’idée de créer plusieurs modèles de culotte, dotés de serviettes amovibles.

Olivia Elting, sa partenaire d’affaires, voyage énormément et s’est rendu compte il y a quatre ans qu’elle achetait et jetait beaucoup de tampons et de serviettes durant ses séjours à l’étranger. « Ce sont des produits peu confortables, qui ne sont pas alignés avec ma conscience écologique », explique l’ancienne artiste de cirque.

Elle a donc conçu son propre produit, adapté à son mode de vie. « Je n’avais plus besoin de jeter ni d’acheter. »

Alors que plusieurs entreprises n’offrent qu’un sous-vêtement absorbant qu’il faut changer, le duo d’entrepreneures a eu l’idée de créer plusieurs modèles de culotte, dotés de serviettes amovibles. Elles s’insèrent à l’intérieur du sous-vêtement, par souci d’hygiène, mais également pour assurer un confort optimal.

La culotte et les serviettes sont lavables, donc réutilisables. Chaque ensemble vendu inclut une pochette imperméable séparée en deux compartiments. L’un sert aux serviettes utilisées et l’autre contient les propres.

Quand les femmes adoptent ce type de produits, elles pensent faire un sacrifice au nom de l’environnement. Elles se rendent vite compte que c’est une option plus confortable et pratique qu’un tampon ou une serviette jetable.

Érica Lebrun

Mme L’Ovary compte maintenant plus de 7000 utilisatrices. Les gens sont de plus en plus conscientisés aux questions environnementales, remarquent les deux femmes. « Il y a quatre ans, on parlait de menstruations zéro déchet et les gens nous voyaient comme des hippies venues d’une autre planète », confie Érica Lebrun.

Économies mensuelles

Le mouvement gagne en popularité, d’autant plus que des villes comme Boisbriand, Pointe-Claire et Mascouche ainsi que quelques quartiers montréalais, notamment l’arrondissement de Côte-des-Neiges–Notre-Dame-de-Grâce, remettent jusqu’à 50 % de l’achat de produits d’hygiène féminine durables dans les poches de l’utilisatrice.

« Nous avons eu une bonne réception. On a poussé encore plus loin l’expérience en incluant des subventions pour les personnes qui veulent acheter des tissus absorbants », assure la porte-parole de l’arrondissement de Côte-des-Neiges–Notre-Dame-de-Grâce, Sonia Beauchemin.

« Il est moins coûteux pour les arrondissements et les villes de remettre de l’argent dans les poches des utilisatrices qui nettoient leurs sous-vêtements, plutôt que d’avoir à enfouir une énorme quantité de déchets », explique Érica Lebrun.

Avec sa campagne « Sang déchet », le duo derrière Mme L’Ovary a lancé une pétition pour inciter plus de municipalités à offrir des subventions. Elles ont également rencontré différents ministres à Ottawa pour s’exprimer sur le nouveau projet de loi gouvernemental qui prévoit de financer les protections hygiéniques sur le lieu de travail.

>Relisez l’article « Ottawa veut des produits menstruels gratuits en milieu de travail »

« Sang déchet » fait également la promotion de l’écologie menstruelle auprès des adolescentes en organisant des conférences et des discussions pour démystifier le sujet.

Ainsi, les deux fondatrices se donnent la double mission d’éradiquer les tabous persistants autour des menstruations et de répandre l’engouement du zéro déchet.

Sur l’écran radar

Le Rendez-vous de l’écocitoyen de Saint-Laurent dépasse son objectif

PHOTO TIRÉE DE LA PAGE FACEBOOK DE L’ARRONDISSEMENT DE SAINT-LAURENT

Plus de 1200 personnes ont participé au premier « Rendez-vous de l’écocitoyen » de l’arrondissement de Saint-Laurent, à Montréal, le 26 octobre.

Plus de 1200 personnes ont participé au premier « Rendez-vous de l’écocitoyen » de l’arrondissement de Saint-Laurent, à Montréal, le 26 octobre. Il s’agit d’un « grand succès », a déclaré dans un communiqué l’administration municipale, qui s’était fixé l’objectif d’attirer un millier de participants. L’évènement proposait aux citoyens des solutions concrètes pour adopter des comportements écoresponsables. « Cette première édition a justement servi à les outiller pour les accompagner dans ce passage à l’action, a déclaré le maire Alan DeSousa. Chacun choisit ses gestes, à la mesure de ses moyens. » Selon un sondage réalisé sur place, 98 % des gens qui s’y sont rendus souhaitent que Saint-Laurent renouvelle l’évènement.

— Jean-Thomas Léveillé, La Presse

Recyclez votre carte OPUS

PHOTO PATRICK SANFAÇON, LA PRESSE

Un récipient « Electrobac » à la station de métro Lionel-Groulx

Alors que les cartes de transport en commun OPUS pour les cégépiens et étudiants venaient à échéance jeudi dernier, les usagers sont invités à en disposer dans les récipients « Electrobac », aux stations Berri-UQAM, Jean-Talon, Lionel-Groulx et Snowdon du métro de Montréal. En raison de la puce électronique qu’elles contiennent, les cartes OPUS ne sont pas récupérées par les systèmes municipaux de collecte sélective. Les Electrobacs sont des points de dépôt officiels de l’Association pour le recyclage des produits électroniques. On en trouve également dans différents établissements d’enseignement, des centres commerciaux ou des locaux commerciaux un peu partout au Québec. L’organisme veille à recycler de manière sécuritaire et écologique ou à remettre en état le matériel qui y est déposé.

— Jean-Thomas Léveillé, La Presse

Les grandes surfaces, bientôt taxées selon la circulation qu’elles entraînent ?

PHOTO KACPER PEMPEL, ARCHIVES REUTERS

Le gouvernement polonais envisage une taxe qui toucherait les grandes surfaces en fonction des problèmes de trafic routier qu’elles génèrent, et non pas de leurs recettes ou bénéfices.

Le gouvernement polonais envisage une taxe qui toucherait les grandes surfaces en fonction des problèmes de trafic routier qu’elles génèrent, et non pas de leurs recettes ou bénéfices, a révélé mardi la ministre de l’Entrepreneuriat et des Technologies, Jadwiga Emilewicz. Une telle « solution fiscale », dite « congestion tax », a été introduite l’année dernière en Espagne, et elle « ne devrait pas être contestée par la Commission européenne », a estimé Mme Emilewicz sur les ondes de la station privée Radio Zet. Le gouvernement conservateur polonais a cherché dès 2015 à introduire un nouvel impôt progressif sur le chiffre d’affaires, qui aurait frappé surtout les grandes chaînes de distribution étrangères solidement implantées en Pologne. Mais la Commission européenne y a vu une subvention publique déguisée pour le petit commerce et son introduction a été ajournée. La Pologne a contesté cette interprétation et la procédure est toujours en cours.

— Agence France-Presse

Le gouvernement échappe à un procès pour sa politique climatique

PHOTO MICHAEL SOHN, ASSOCIATED PRESS

Manifestation pour la protection de l’environnement organisée par Greenpeace à Berlin, en Allemagne, jeudi dernier

Attaqué par trois agriculteurs, le gouvernement allemand a échappé jeudi à une évaluation par la justice de sa politique climatique, un tribunal de Berlin ayant jugé « irrecevable » cette extension de la lutte contre le réchauffement jusque dans les prétoires. L’Allemagne a beau être certaine de manquer largement ses objectifs de réduction des gaz à effet de serre pour 2020, cet engagement formulé en 2014 ne constitue « pas une réglementation juridiquement contraignante », expliquent les juges administratifs de Berlin dans leur décision. Après une matinée d’audience, ils ont donc débouté les trois familles mobilisées depuis un an, avec l’appui de l’ONG environnementale Greenpeace : évoquant leurs récoltes en berne et les ravages des intempéries sur leurs terres, elles voulaient que la justice contraigne le gouvernement à agir plus énergiquement, sans réclamer d’indemnités. Première du genre visant l’État allemand, cette requête s’inspirait de celle qui a abouti, l’an dernier aux Pays-Bas, à la condamnation de l’État néerlandais à réduire plus fortement les gaz à effet de serre.

— Agence France-Presse