Un résidant de Longueuil a transformé une portion de stationnement inutilisée en potager qui redonne vie à ce qui était un véritable îlot de chaleur inhospitalier. Et fournit des légumes au voisinage.

Jean-Thomas Léveillé Jean-Thomas Léveillé
La Presse

La différence de température entre l’immense cour asphaltée de l’immeuble où habite François Grégoire et le parc situé à proximité est considérable.

« On sent le mur de chaleur » quand on passe de l’un à l’autre, assure le résidant du Vieux-Longueuil.

La cour est si grande que les 16 cases de stationnement – une par appartement – n’occupent que le tiers de sa superficie.

« C’est ahurissant » qu’un si grand espace inutilisé soit asphalté, s’exclame François Grégoire, qui a entrepris il y a quelques années d’y mettre un peu de verdure.

Et pour joindre l’utile à l’agréable, il a planté des légumes.

Ou plutôt semé, car il démarre lui-même ses semis dans son appartement, à la fin de l’hiver.

PHOTO HUGO-SÉBASTIEN AUBERT, LA PRESSE

François Grégoire, résidant du Vieux-Longueuil. Son potager, où poussent concombres, tomates, haricots, courgettes, carottes, betteraves, radis, oignons, chou frisé et fines herbes, lui permet d’être « autosuffisant » durant deux ou trois mois.

« Au début, c’était assez rudimentaire », raconte-t-il aux représentants de La Presse, un café à la main, par un matin du mois d’août.

De « trois ou quatre pots » de légumes au départ, son potager est passé à environ 25 mètres carrés… avant qu’il ne réalise qu’il n’avait jamais parlé de son projet à la propriétaire de l’immeuble ! Heureusement pour l’agriculteur urbain, celle-ci n’en a pas fait de cas.

En 2018, il a ajouté des palettes de bois sous ses pots géotextiles, pour faciliter l’aération et éviter que les plants ne se retrouvent dans une mare d’eau stagnante lors de fortes pluies.

Cette année, il s’est doté d’un système d’irrigation.

« Ça m’enlève le stress de revenir vite après le travail », dit celui qui gagne sa vie dans le tourisme, racontant qu’il lui est arrivé auparavant, notamment au cours de la canicule de 2018, de trouver ses plants flétris en fin de journée alors qu’il les avait arrosés abondamment avant de partir au boulot.

La chaleur générée par l’asphalte n’a cependant pas que des inconvénients : ses légumes poussent vite et en abondance.

Et ses voisins, qui le trouvaient « cinglé au début », en profitent, puisqu’ils sont autorisés à se servir… « sauf si c’est le dernier », précise le jardinier.

Son potager, où poussent concombres, tomates, haricots, courgettes, carottes, betteraves, radis, oignons, chou frisé et fines herbes, lui permet d’être « autosuffisant » durant deux ou trois mois.

On mange ce qu’on produit, ce qu’on a.

François Grégoire

Apprendre à la dure

Aménager un tel potager est à la portée de tous, assure François Grégoire.

« Mais il ne faut pas s’attendre à ça dès la première année », dit-il, en montrant son jardin.

« J’ai appris à la dure », raconte-t-il, se souvenant de ses très maigres premières récoltes.

« Il y a des années, j’ai dû polliniser à la main ! »

Il a depuis ajouté beaucoup de fleurs à son aménagement.

Et les pollinisateurs ont accouru ; quatre bourdons butinent d’ailleurs à côté de lui, pendant qu’il parle des défis d’entretenir un tel potager et de la satisfaction que cela lui procure.

« C’est super méditatif », confie-t-il.

PHOTO HUGO-SÉBASTIEN AUBERT, LA PRESSE

Une portion de stationnement inutilisée a été transformée en potager.

Écolo… et social

Le potager de François Grégoire n’a pas que des bénéfices écologiques et alimentaires, il permet aussi au voisinage de socialiser.

Les uns et les autres passent, s’arrêtent, observent et discutent.

« C’est de plus en plus beau et de plus en plus gros chaque année », lance une voisine qui sort de chez elle.

« S’il n’y avait pas le jardin, on ne se parlerait jamais », dit François Grégoire à propos d’un autre voisin avec qui il a tissé des liens, malgré une incompatibilité sportive pour le moins fondamentale… « Il prend pour les Bruins ! »

Le voisinage, qui a pu bénéficier du potager, pousse à la roue pour le démanteler l’automne venu et le remettre en place au printemps.

« C’est la partie la plus chiante », lance François Grégoire, qui estime d’ailleurs avoir « atteint et probablement dépassé les limites de ce [qu’il peut] faire ».

La prochaine étape ? « Avoir une terre à moi, aller vivre en région. »

D’ici là, il aimerait voir les potagers comme le sien se multiplier, avec l’aide des villes, alors que les listes d’attente sont longues pour une place dans un jardin communautaire.

« Ce n’est pas l’espace qui manque », s’exclame-t-il, évoquant les toits et les espaces vides comme les stationnements ou les terrains vacants.

Sur le radar

Montréal : popularité record d’un programme de plantation d’arbres

PHOTO FOURNIE PAR LA VILLE DE MONTREAL

Dans l’île de Montréal, 3273 arbres ont pris racine cette année grâce à la campagne « Un arbre pour mon quartier », qui en est à sa septième saison.

Dans l’île de Montréal, 3273 arbres ont pris racine cette année grâce à la campagne « Un arbre pour mon quartier », qui en est à sa septième saison. C’est plus de 1000 arbres de plus que l’an passé qui ont été plantés, annoncent le Regroupement des éco-quartiers (REQ) et la Société de verdissement du Montréal métropolitain (Soverdi). Le projet invite les Montréalais à verdir leur ville en plantant des arbres sur leur terrain. Les citoyens ont le choix entre plusieurs variétés, dont une dizaine d’arbres fruitiers. Le coût est de 25 $ ou 35 $, selon l’essence de l’arbre. Cette année, la variété d’arbres disponible s’est étendue aux conifères (à 45 $). Cette offre bonifiée contribue à augmenter la biodiversité urbaine, tout en donnant la possibilité aux résidants d’avoir l’arbre qui correspond le mieux à leur terrain. Planter des arbres est une solution simple pour lutter contre les îlots de chaleur, purifier l’air et améliorer la biodiversité, souligne le groupe. Ce geste contribue également à augmenter la valeur des propriétés et à les protéger contre le bruit et le vent. L’initiative sera de retour au printemps 2020.

— Mayssa Ferah, La Presse

L’Inde veut construire des parcs solaires et éoliens à la frontière avec le Pakistan

PHOTO MANJUNATH KIRAN, ARCHIVES AGENCE FRANCE-PRESSE

Vue du parc solaire de Pavagada Taluk, à environ 150 km de Bangalore, en Inde

L’Inde entend lancer une série de projets d’énergie renouvelable à sa frontière avec le Pakistan, une zone ensoleillée et balayée par le vent, a indiqué la semaine dernière Anand Kumar, secrétaire aux Énergies renouvelables. New Delhi est engagée dans un programme ambitieux sur un plan énergétique visant à réduire sa dépendance aux énergies fossiles. Aux prises avec un ralentissement de l’économie, le gouvernement a triplé au cours des trois dernières années ses investissements en vue de réduire le recours au pétrole et au charbon. Le gouvernement a choisi des zones désertiques arides pour ces installations, cherchant à éviter des terres agricoles, a-t-il dit, ajoutant que ces régions sont idéales pour les énergies renouvelables. Les travaux sur ses projets pourront commencer 18 mois environ après le feu vert du ministère de la Défense et après l’étude de faisabilité, a souligné M. Kumar. Actuellement, 23 % de la production d’électricité de l’Inde provient de sources renouvelables, dont le solaire et l’éolien. L’investissement privé dans les énergies renouvelables reste cependant faible et le gouvernement a peiné à trouver des sites pour ces projets.

— Agence France-Presse

Europe : fin de l’autorisation d’un pesticide jugé dangereux pour les abeilles

PHOTO FRED TANNEAU, ARCHIVES AGENCE FRANCE-PRESSE

La France avait déjà pris la décision d’interdire le thiaclopride, substance accusée de contribuer au déclin massif des colonies d’abeilles.

L’Union européenne (UE) a décidé de ne pas renouveler l’autorisation du thiaclopride, un néonicotinoïde dont la licence expire en avril 2020, a indiqué mardi la Commission européenne. Le comité chargé d’évaluer les demandes de renouvellement des licences en matière de pesticides, composé d’experts représentant les 28 États membres de l’UE, a suivi la proposition de la Commission européenne de ne pas prolonger la licence, est-il expliqué sur le site de la Commission consacré aux néonicotinoïdes. Au début de l’année, l’EFSA, l’agence européenne pour la sécurité des aliments, avait émis un avis défavorable et estimé que le thiaclopride « ne devrait pas satisfaire aux critères d’approbation », selon un porte-parole de l’agence. Ses propriétés de perturbateur endocrinien en avaient déjà fait un « candidat à la substitution », c’est-à-dire un pesticide pour lequel les autorités nationales doivent faire une évaluation pour établir si des solutions de rechange – y compris des méthodes non chimiques – existent, rappelle la Commission. En janvier, l’EFSA avait notamment souligné un problème de « concentration dans les eaux souterraines », identifié « comme un sujet de préoccupation ». L’agence déplorait également un manque de données qui n’avait pas permis de finaliser l’évaluation des risques, à la fois pour les humains et pour la faune, dont les abeilles, et certaines plantes terrestres non ciblées. La France avait déjà pris la décision d’interdire le thiaclopride, substance accusée de contribuer au déclin massif des colonies de pollinisateurs.

— Agence France-Presse

La Russie grandit à cause des changements climatiques

PHOTO MAXIME POPOV, ARCHIVES AGENCE FRANCE-PRESSE

Un soldat est en poste à la base militaire de Kotelny Island, près du cercle polaire.

Le plus grand pays du monde s’agrandit : la marine russe a annoncé mardi avoir localisé dans l’océan Arctique cinq petites îles révélées par le recul des glaces dû aux changements climatiques. L’existence de ces nouveaux territoires, situés dans une baie au large de l’archipel de la Nouvelle-Zemble, à l’extrême nord de la Russie, a été confirmée par une expédition maritime sur place en août et septembre. Selon le chef de la flotte russe dans le Grand Nord, Alexander Moiseïev, les îles avaient été prises auparavant pour des glaciers. À la fin du mois d’août, des images satellites avaient révélé ces terres dont la taille a été évaluée par la flotte russe entre 900 et 54 000 m2 (près de huit terrains de football). Entre 2015 et 2019, la fonte des glaces en Arctique a été la plus importante jamais enregistrée, selon un rapport de l’ONU sur le réchauffement climatique publié en septembre. Dans ce contexte, la Russie a ouvert ces dernières années une série de bases militaires et scientifiques en Arctique, alléchée par la possibilité d’établir une route commerciale inédite et d’exploiter des sources d’hydrocarbures jusqu’alors inaccessibles. Lors de l’expédition russe ayant confirmé l’existence des cinq îlots, l’équipage d’une soixantaine de personnes, dont des scientifiques, a embarqué à bord d’un remorqueur et non d’un brise-glace, une première pour ce type de missions.

— Agence France-Presse

France : « Limite planétaire » outrepassée

PHOTO PHILIPPE LOPEZ, ARCHIVES AGENCE FRANCE-PRESSE

De la fumée s’échappe d’une cheminée de l’incinérateur à déchets de Saint-Ouen, près de Paris.

Émissions de CO2 toujours trop élevées, érosion « préoccupante » des espèces, contribution à la déforestation mondiale : la France dépasse dans plusieurs secteurs les « limites planétaires » nécessaires à des conditions de vie sûres pour l’humanité, selon un rapport publié jeudi. Cette évaluation de l’état de l’environnement, publiée tous les quatre ans par le ministère de la Transition écologique, se penche pour la première fois sur le concept des « limites planétaires », neuf variables qui régulent la stabilité de la planète et qu’il ne faut pas dépasser pour assurer un développement « sûr et juste » pour l’humanité. Appliqué à la seule France, le constat est sans appel : la majorité des neuf seuils est dans le rouge. Première limite dépassée, le changement climatique. Pour espérer limiter le réchauffement de la planète à +2 °C par rapport à l’ère préindustrielle, comme prévu par l’accord de Paris, il faudrait limiter au niveau mondial les émissions de CO2 entre 1,6 et 2,8 tonnes par année et par habitant sur la période 2018-2100, rappelle le rapport, citant des chiffres des experts climat de l’ONU. Un objectif que la France est loin de respecter malgré la baisse des émissions de 18 % entre 1990 et 2017, note le rapport. Ainsi, le CO2 émis sur le territoire représentait 4,9 t/hab en 2017 (au-dessus de la moyenne mondiale de 4,8 t). Le dépassement est encore plus frappant pour l’« empreinte carbone » du pays, qui inclut les émissions liées aux importations, avec 7,9 t/hab.

— Agence France-Presse