Consommer l’eau potable de façon plus responsable passe par de petits gestes. C’était la motivation derrière un projet-pilote permettant aux résidants du secteur Mercier-Est à Montréal de troquer l’été dernier leur ancienne pomme de douche pour une nouvelle à débit réduit. Une initiative verte qui rend les douches plus propres.

Mayssa Ferah Mayssa Ferah
La Presse

Environ 20 % de l’eau d’un ménage moyen passe par la douche, indique Manon Giri, chargée de projet au regroupement des éco-quartiers, qui a piloté ce projet. Le débit moyen des pommes de douche dans Mercier-Est était de 9,5 L par minute. Celles installées dans le cadre du projet n’en consomment que 5,7.

Une différence de 4 L par minute, à l’échelle du quartier, ça fait beaucoup.

Manon Giri, chargée de projet au regroupement des éco-quartiers

Née d’un partenariat entre la Ville de Montréal, le regroupement des éco-quartiers, Hydro-Québec et l’éco-quartier de l’arrondissement de Mercier – Hochelaga-Maisonneuve, l’idée consistait à diminuer la consommation d’eau potable et d’énergie des Montréalais en installant gratuitement à domicile des pommeaux de douche qui consomment moins d’eau.

Une économie d’eau, mais aussi d’argent, pour les utilisateurs. « On économise sur la consommation d’eau chaude, on sauve donc de l’électricité », ajoute Manon Giri. Pour un ménage de deux personnes, ça signifie une épargne de 60 $ par an sur leur facture.

PHOTO HUGO-SÉBASTIEN AUBERT, LA PRESSE

De gauche à droite : Manon Giri, chargée de projet au regroupement des éco-quartiers ; Danny Polifroni, coordonnateur de l’éco-quartier de Mercier–Hochelaga-Maisonneuve ; et Anne-Karyne Matte, directrice de la planification stratégique et de la vision client chez Hydro-Québec

Mercier-Est est l’un des seuls quartiers de Montréal où des compteurs d’eau sont installés, ce qui permet à l’équipe responsable du projet de mesurer l’impact des nouvelles pommes de douche. Mme Giri a bon espoir que l’initiative s’étendra à d’autres secteurs, arrondissements ou municipalités.

Puisque le tout se fait à domicile, l’adhésion des habitants de Mercier-Est a été quasi immédiate. « Il y a eu très peu de refus. Les gens étaient vraiment contents que leur ville offre quelque chose de gratuit et de concret », relate Mme Giri.

Les patrouilleurs prenant part au projet, des étudiants en environnement, ont fait du porte-à-porte tout l’été pour installer les pommes de douche. Les dispositifs remplacés étaient, quant à eux, triés et recyclés par l’écocentre.

Cette méthode simplifie la vie des gens, d’après Manon Giri.

Je pense qu’aucune ville dans le monde n’offre au citoyen de se rendre à domicile pour remplacer une pomme de douche.

Manon Giri, chargée de projet au regroupement des éco-quartiers

Ainsi, 3500 foyers ont remplacé leurs pommes de douche au cours de l’été.

Même si le projet-pilote a pris fin, les gens du secteur peuvent encore faire la demande d’un nouveau pommeau de douche. Il suffit de fournir une preuve de résidence et de se présenter au local de l’éco-quartier de Mercier–Hochelaga-Maisonneuve.

Source d’économie

Les Québécois sont parmi les plus grands consommateurs d’eau au monde, avec 400 L par jour pour une personne seulement, note Anne-Karyne Matte, directrice de la planification stratégique et de la vision client chez Hydro-Québec et responsable du programme d’économie d’eau dont le projet fait partie. C’est pourquoi des initiatives comme celle-ci sont importantes.

Elles s’inscrivent dans la volonté d’Hydro-Québec d’implanter une mesure en efficacité énergétique au moindre coût possible pour le client, insiste Mme Matte. Ces nouvelles pommes de douche permettent 40 % d’économie d’eau, « alors l’installation sert à la fois au développement durable et à aider nos clients à réduire leur facture d’électricité », poursuit-elle.

« Pas loin de 300 municipalités ont adhéré au programme jusqu’à présent, explique Mme Matte. C’est un outil pour répondre au plan d’action en économie d’eau potable, et on espère faire embarquer Montréal et la Ville de Québec de façon plus importante. »

En bref : Sur l’écran radar

Île de komodo : l’endroit ne sera pas interdit aux touristes

PHOTO BERNARD BRAULT, ARCHIVES LA PRESSE

L’île indonésienne de Komodo abrite les célèbres dragons de Komodo.

L’Indonésie renonce à fermer aux touristes l’île de Komodo, qui abrite les célèbres dragons de Komodo, et va à la place limiter le nombre de visiteurs et relever les tarifs pour mieux protéger les lézards géants carnivores, ont indiqué les autorités. Le parc naturel ne sera pas fermé aux touristes à partir de 2020, comme envisagé précédemment, a indiqué lundi dernier la ministre indonésienne de l’Environnement, Siti Nurbaya Bakar. Le projet de fermeture annoncé par les autorités régionales était destiné à préserver les lézards géants de l’effet du tourisme de masse. Mais cette initiative a été mal reçue par le secteur touristique et aurait requis de déplacer plusieurs milliers d’habitants. L’an dernier, le gouverneur de la région avait créé la controverse en proposant de relever le tarif demandé aux visiteurs pour voir les dragons à 500 $, soit 50 fois le tarif actuel de 10 $. Le ministre aux Affaires maritimes, Luhut Pandjaitan, a précisé qu’un système de quota serait mis en place pour limiter le nombre de visiteurs sur l’île.

— Agence France-Presse

Union européenne : électroménagers moins énergivores

PHORO ARCHIVES ASSOCIATED PRESS

Réfrigérateurs, laveuses, lave-vaisselle ou encore téléviseurs vendus dans l’UE vont « pour la première fois » devoir répondre à des « exigences en matière de réparabilité et de recyclabilité », explique l’exécutif européen dans un communiqué.

La Commission européenne a adopté mardi dernier de nouvelles mesures pour allonger la durée de vie de plusieurs appareils électroménagers de la vie courante, et les rendre moins gourmands en énergie. Réfrigérateurs, laveuses, lave-vaisselle ou encore téléviseurs vendus dans l’Union européenne vont « pour la première fois » devoir répondre à des « exigences en matière de réparabilité et de recyclabilité », explique l’exécutif européen dans un communiqué. Ces règles, qui vont entrer en vigueur dans les prochaines semaines, combinées à la nouvelle législation sur l’étiquetage énergétique adoptée en mars, doivent permettre de réaliser une économie d’énergie annuelle équivalant à la consommation d’énergie du Danemark, soit 167 TWh par an d’ici 2030.

— Agence France-Presse

Suède : les transporteurs bientôt obligés d’afficher leur empreinte carbone

PHOTO JONATHAN NACKSTRAND, AGENCE FRANCE-PRESSE

Une militante brandit une affiche à l’effigie de Greta Thunberg lors d’une manifestation à Stockholm pour dénoncer l’inaction des décideurs face à la crise climatique, le 27 septembre.

Le gouvernement suédois a annoncé vendredi vouloir obliger les transporteurs à informer leurs clients de l’empreinte carbone d’un voyage long-courrier dans leurs publicités ou sur leurs billets. « La filière du transport joue un rôle-clé dans les changements climatiques […] mais il doit également être facile à chacun de prendre individuellement ses responsabilités », a justifié le ministre des Infrastructures, Tomas Eneroth. En vue de la rédaction d’un texte de loi, le gouvernement a demandé un rapport sur la faisabilité d’une telle disposition, qui concernerait les trajets en « car, train, avion ou ferry ». Voyager en polluant moins est devenu un sujet de débat national en Suède avec la jeune Greta Thunberg, égérie de la lutte contre le réchauffement climatique, et le mouvement dit « flygskam » (la honte de prendre l’avion).

— Agence France-Presse

France : les pilotes de ligne demandent l’abandon d’une écotaxe

PHOTO PASCAL ROSSIGNOL, REUTERS

Le SNPL, principal syndicat de pilotes de ligne, a demandé jeudi au gouvernement de renoncer à son projet d’écotaxe sur le transport aérien.

Le principal syndicat français de pilotes de ligne, le SNPL, a demandé jeudi au gouvernement de renoncer à son projet d’écotaxe sur le transport aérien, « dangereuse pour les entreprises » du secteur. La ministre des Transports Élisabeth Borne avait annoncé la création de cette taxe en juillet. Elle doit s’appliquer dès 2020 à toutes les compagnies aériennes sur les billets d’avion pour les vols au départ de la France. Son produit doit être consacré à des investissements dans des infrastructures de transports plus écologiques, notamment le ferroviaire. Mais pour le président du Syndicat national des pilotes de ligne, Yves Deshayes, « après avoir failli à proposer une solution pour le sauvetage d’Aigle Azur et de XL Airways, le gouvernement annonce à la place une augmentation de 80 % de la taxe “Chirac” sur le transport aérien ! ».

— Agence France-Presse