On ne s’en rend pas compte, mais chaque clic de souris sur l’internet génère du CO2. Pour réduire leur empreinte sur la planète, certaines personnes ont décidé de mieux gérer leur boîte courriel.

Thomas Dufour Thomas Dufour
La Presse

Internet pollue. La raison : 45 milliards de serveurs situés aux quatre coins de la planète. À eux seuls, ils sont responsables du quart du CO2 émis par le numérique, selon l’Agence de l’environnement et de la maîtrise de l’énergie.

Au Québec, ces serveurs sont relativement verts puisqu’ils utilisent l’hydroélectricité. Mais dans certains pays, ces gros disques durs sont alimentés par de l’énergie issue de la combustion du pétrole.

Malheureusement, il est presque impossible de savoir si nos courriels sont stockés dans des serveurs polluants. « Il vaut mieux avoir une saine gestion de son hygiène numérique, afin de réduire son empreinte », dit Jean-François Boucher, professeur en écoconseil à l’UQAC.

Prendre sa boîte courriel en main

Laurianne Landry-Duval travaille fort pour réduire son impact sur l'internet. Elle a commencé il y a quelques années à trier, à supprimer et à filtrer ses courriels.

Elle dit avoir toujours aimé mettre de l’ordre dans ses affaires. Lorsqu’elle a appris que l’internet était polluant, ç’a été naturel pour elle de réduire.

« J’évite les mails dont je n’ai pas besoin. Je ne m’abonne pas aux infolettres et je supprime les courriels qui ont cinq, sept, dix ans. » — Laurianne Landry-Duval

Elle s’assure aussi de vider sa corbeille de temps à autre puisque les documents qui y sont contenus utilisent encore de l’espace sur les serveurs.

Elle porte une attention particulière aux fichiers joints puisqu’ils utilisent beaucoup d’espace de stockage. « Souvent, je ne conserve que le courriel écrit et je supprime le reste », dit celle qui travaille au Conseil régional de l’environnement de Lanaudière.

Quand Laurianne Landry-Duval parle de gestes écoresponsables avec ses proches, elle n’aborde pas nécessairement la gestion de courriels. « Ce n’est pas le sujet préféré autour d’une table. »

Bien qu’elle soit consciente du réel impact des données sur la planète, elle mise plutôt sur du « concret ». « Je vais parler de zéro déchet et montrer qu’il est possible de faire une différence », dit-elle.

Elle est dans un processus constant d’amélioration. « Mon objectif est de réduire au maximum mon empreinte, mais progressivement pour le restant de ma vie. »

D’autres pistes

Mais il n’y a pas que les courriels qui rejettent des gaz à effet de serre dans l’atmosphère. L’utilisation de l'internet pollue de manière générale.

« Toutes les fenêtres ouvertes sur votre ordinateur consomment de l’énergie. Il est bon de ne pas les multiplier. » — Jean-François Boucher

Les vidéos comptent pour une bonne partie des données stockées à l’échelle de la planète. « On peut dire à Facebook de ne pas jouer automatiquement les vidéos, ajoute le professeur. C’est une façon d’éviter une consommation incroyable d’énergie. »

Certaines entreprises comme Google compensent les émissions polluantes de leurs serveurs. « C’est rigoureux et solide, affirme Jean-François Boucher. Il faudrait que d’autres entreprises emboîtent le pas. »

Chaque heure, entre 8 et 10 milliards de courriels sont échangés dans le monde. Ces messages parcourent en moyenne 15 000 kilomètres avant d’arriver à leur destinataire.