(Montréal) Le Syndicat de la fonction publique et parapublique, qui avait demandé à Québec que ses membres puissent obtenir un congé sans solde pour participer à la marche pour le climat, le 27 septembre, s’est fait dire non par le gouvernement Legault.

Lia Lévesque
La Presse canadienne

En entrevue mercredi, Christian Daigle, président du SFPQ, s’est montré déçu et choqué à la fois. Il y voit un manque de conscience environnementale du gouvernement Legault.

« Absence de réponse, pour nous, signifie absence de collaboration, puis ça signifie pour nous autres qu’ils ne veulent pas se préoccuper de la planète et de l’environnement », s’est exclamé M. Daigle.

En juin dernier, le SFPQ avait demandé au Conseil du trésor de faciliter les choses pour ses membres auprès des ministères, afin que ceux-ci puissent participer à la marche pour l’environnement du 27 septembre.

Ces syndiqués pourraient prendre un congé sans solde, une journée de temps accumulé ou une journée de vacances, par exemple. Ils auraient assuré les services essentiels, a précisé M. Daigle. Le SFPQ voulait discuter des modalités lors d’une rencontre avec le Conseil du trésor.

« Je ne veux pas que mes gens aient du temps payé pour participer à ça », se défend-il.

Le SFPQ demandait, en revanche, que Québec consacre la somme représentée par ces salaires à un projet écologique.

Le SFPQ avait bien reçu un accusé de réception à sa lettre du mois de juin. Il avait réécrit au président du Conseil du trésor, Christian Dubé, au retour des vacances, soulignant qu’il interpréterait une absence de réponse d’ici le 17 septembre comme un refus. Il n’a rien reçu. M. Daigle l’interprète donc comme un refus du gouvernement du Québec que ses membres puissent participer à la marche pour l’environnement.

Réponse du Trésor

À Québec, le président du Conseil du trésor, Christian Dubé, a plutôt affirmé qu’il y avait eu une réponse à la directrice du SFPQ, dans laquelle il expliquait qu’à ses yeux, il s’agissait d’une grève. Et « on n’accepte pas qu’ils puissent faire la grève, parce que les services aux citoyens doivent être donnés aux citoyens, tout simplement », a affirmé M. Dubé.

Il est toujours interdit de faire un ralentissement de travail ou une grève lorsqu’une convention collective est encore en vigueur. Et les conventions collectives du secteur public sont en vigueur jusqu’en mars 2020.

En soirée mercredi, le bureau du ministre Dubé a précisé qu’après la demande du SFPQ de juin, une analyse devait être effectuée. Après vérifications, « les employés intéressés à participer à cette journée peuvent le faire selon les dispositions prévues à leur convention collective et selon les besoins du service », a fait savoir le bureau.

Mais il reste qu’il n’est toutefois pas possible, comme l’avait indiqué le ministre Dubé, « d’assurer les services aux citoyens tout en octroyant une journée sans solde aux employés de la fonction publique », a ajouté son bureau.

Le Syndicat de la fonction publique et parapublique du Québec compte environ 40 000 membres dans les différents ministères, notamment au ministère de l’Environnement, chez Recyc-Québec et à la Sépaq (Société des établissements de plein air).