Préoccupés par les risques pour la santé humaine qu’entraînent les pesticides, Parkinson Québec et Autisme Montréal demandent au gouvernement Legault d’interdire l’épandage de pesticides en zone agricole dans un périmètre d’au moins 2 km autour des maisons, des bâtiments et des routes publiques.

DAPHNÉ CAMERON DAPHNÉ CAMERON
La Presse

En collaboration avec la Fondation David Suzuki, les deux groupes rendent publics ce matin les documents scientifiques qu’ils ont déposés à la commission parlementaire qui se penchera bientôt sur les effets des pesticides sur l’environnement et la santé publique.

Dans son mémoire, Parkinson Québec insiste sur le fait que la causalité entre le développement de cette maladie neurodégénérative et l’exposition aux pesticides est scientifiquement établie.

« Dans la population générale, pour les hommes de plus de 45 ans, le risque à vie de développer la maladie de Parkinson est de 1 sur 20. Une fois qu’on les expose aux pesticides, leur risque est multiplié par 1,7. Ça veut dire que maintenant, leur risque d’avoir la maladie de Parkinson est proche de 1 sur 10 », souligne Romain Rigal, pharmacien et coordonnateur, développement des services, à Parkinson Québec.

Une aide pour les agriculteurs

C’est pourquoi l’organisme demande au gouvernement de reconnaître le parkinson comme une maladie professionnelle pour tous les gens qui y ont été exposés pendant une période de cinq ans et plus. Comme la plupart des producteurs agricoles ne souscrivent pas au régime de la Commission des normes, de l’équité, de la santé et de la sécurité du travail (CNESST), ils demandent au gouvernement de mettre en place un fonds d’indemnisation pour les agriculteurs ou les travailleurs agricoles atteints. Un tel programme de protection pourrait être financé par des prélèvements sur les ventes de pesticides.

Trois pesticides – la roténone, le paraquat et le manèbe – déjà utilisés pour induire les symptômes de la maladie de Parkinson chez des animaux à des fins de recherche médicale devraient être interdits immédiatement dans le secteur agricole, disent-ils.

« Habiter à moins de 500 mètres d’une ferme qui applique du manèbe et du paraquat, c’est doubler son risque de développer la maladie de Parkinson », souligne Romain Rigal.

Parkinson Québec et la Fondation David Suzuki demandent aussi à Québec d’interdire la vente et l’usage de pesticides à des fins esthétiques. « Trente jours d’exposition aux herbicides de jardin, mon risque est multiplié par 1,5, souligne M. Rigal. Ça, ça pourrait se passer à Montréal. »

Autisme

La Fondation David Suzuki, l’Alliance pour l’interdiction des pesticides systémiques et Autisme Montréal rendent aussi publique, ce matin, une étude qui fait état des liens entre l’exposition aux pesticides lors de la gestation et pendant l’enfance et le développement de l’autisme.

Bien que le lien de cause à effet n’ait pas été démontré, il existe suffisamment de « drapeaux rouges » pour restreindre ou interdire les pesticides qui ont des effets toxiques sur la reproduction, le développement neurologique ou qui sont des perturbateurs endocriniens, croient les auteurs.

Leur revue de la littérature fait le survol de 158 études. Le document dresse une liste de 24 pesticides mentionnés dans des études portant sur l’association avec l’autisme. Chaque molécule prise séparément fait toutefois l’objet d’un nombre limité de données.