Un nombre record d’incendies font des ravages dans la forêt tropicale au Brésil, ce qui est une source de grande préoccupation pour l’Organisation des Nations unies (ONU).

La Presse canadienne

Dans un communiqué émis vendredi, le Secrétaire général de l’ONU, António Guterres, a déclaré qu’il était profondément préoccupé « à la fois par les dégâts immédiats qu’ils causent et par le fait que la sauvegarde des forêts est essentielle dans la lutte contre le changement climatique ».

Environ un cinquième de l’oxygène dans le monde est produit par la forêt amazonienne. Elle abrite également plus de la moitié des 10 millions d’espèces de plantes, d’insectes et d’animaux de la planète, ainsi qu’un cinquième de son eau douce.

« Dans le contexte de la crise climatique mondiale, nous ne pouvons pas nous permettre d’endommager davantage une source majeure d’oxygène et de biodiversité », a prévenu M. Guterres.

Le Secrétaire général de l’ONU doit se rendre au sommet du G7 à Biarritz, en France, où il participera notamment à une réunion de travail consacrée au climat, à la biodiversité et aux océans.

Une discussion d’urgence doit d’ailleurs être organisée dans ce sommet, pour aborder des pistes de solution aux incendies qui font rage en Amazonie.

Le président brésilien Jair Bolsonaro a autorisé vendredi le déploiement de l’armée pour combattre les énormes feux et le président des États-Unis, Donald Trump, lui a aussi offert l’aide de l’armée américaine.

Le président Bolsonaro a déjà décrit la protection de la forêt tropicale comme un obstacle au développement économique, en se disputant avec les critiques qui font remarquer que l’Amazonie produit de grandes quantités d’oxygène et est considérée comme essentielle dans la lutte contre le réchauffement climatique.

L’Institut national de recherche spatiale du Brésil, une agence fédérale de surveillance de la déforestation et des incendies de forêt, a indiqué, plus tôt cette semaine, que le pays avait enregistré un nombre record d’incendies de forêt cette année, soit 74 155 en date de mardi, ce qui représente une augmentation de 84 % par rapport à la même période l’année dernière.

M. Bolsonaro est entré en fonction le 1er janvier.

Le président Bolsonaro a aussi nié que ses politiques de développement de l’agriculture et de l’exploitation minière soient en cause. Il a avancé que des organisations non gouvernementales qui blâment son gouvernement pourraient avoir elles-mêmes déclenché les incendies. Une accusation qu’il a plus tard retirée.

Paulo Moutinho, cofondateur de l’Institut de recherche environnemental de l’Amazonie, a déclaré cette semaine à l’Associated Press : « Il est très difficile d’avoir des incendies naturels en Amazonie ; cela arrive, mais les activités des hommes expliquent la majorité des feux. »

Paulo Moutinho, qui travaille dans les forêts amazoniennes depuis près de 30 ans, a aussi précisé que des petits incendies sont souvent déclenchés pour défricher les terres pour l’agriculture, l’élevage ou l’exploitation forestière, et qu’ils peuvent facilement échapper à tout contrôle, en particulier pendant la saison sèche entre juillet et novembre. Le cofondateur de l’Institut de recherche environnementale de l’Amazonie a indiqué que la dernière année n’a pas été particulièrement sèche.

« Nous avons de la chance. Si nous avions eu des sécheresses comme au cours des quatre dernières années, ce serait encore pire. »

Selon des critiques de Jair Bolsonaro, les politiques du président brésilien encouragent des entreprises qui ont des intérêts dans les mines, l’agriculture et l’élevage à la déforestation.

« Les incendies de forêt en Amazonie nous rappellent tristement combien la vie sur terre dépend des arbres », a pour sa part déclaré la Convention-cadre des Nations unies sur les changements climatiques (CCNUCC) sur Twitter.

Selon les experts de la Plateforme intergouvernementale sur la biodiversité et les services écosystémiques (IPBES), une agence onusienne, la déforestation est à l’origine d’environ 10 % des émissions de gaz à effet de serre induites par l’homme.

— Avec l’Associated Press