(Montréal) Pour étayer sa cause de l’implantation d’une consigne sur les bouteilles de vin, un groupe a eu une idée originale : il invite les citoyens à apporter leurs bouteilles de vin vides, devant l’Assemblée nationale, lundi prochain.

Lia Lévesque
La Presse canadienne

Ces citoyens obtiendront en échange 25 cents par bouteille. Mais on leur demande de ne pas apporter plus de 60 bouteilles.

Les organisateurs de l’opération ont choisi le site de l’Assemblée nationale, parce que la commission parlementaire sur le recyclage du verre y tiendra des audiences toute la semaine. Et la Société des alcools du Québec doit s’y faire entendre.

Lundi à midi, les citoyens intéressés sont invités à apporter leurs bouteilles de vin vides, sur l’avenue Honoré-Mercier devant l’Assemblée nationale.

Le groupe a amassé suffisamment de fonds pour verser l’équivalent de la consigne sur 3200 bouteilles au total. « On a eu des dons » pour amasser suffisamment de fonds pour faire l’exercice, a expliqué en entrevue vendredi, Serge Williams, un des instigateurs de l’événement.

« On veut que les bouteilles de vin se consignent, et de spiritueux, comme les autres provinces, en fait », a plaidé M. Williams.

« On s’entend que le recyclage, ça ne fonctionne pas bien. Les centres de tri, ça brise ; le verre qui sort au bout de ça, il est mélangé ; il ne vaut pas une cenne. On le met dans les sites d’enfouissement. Nous, ce qu’on veut, c’est le cycle du verre, c’est de le réutiliser et de faire des bouteilles », a expliqué M. Williams.

Si la Société des alcools ne veut pas ou ne peut pas récupérer les bouteilles vides, faute de place ou d’installations, il croit qu’il serait possible d’ouvrir des points de dépôt en plusieurs endroits, où les citoyens pourraient apporter leurs bouteilles vides.

« La consigne, de toute façon au Québec, ça fonctionne très bien, ça fonctionne bien. Les gens les ramènent ; ils sont habitués de le faire. Mais ils aimeraient bien mieux les ramener dans un point de dépôt et que ce soit facile et avec des gens souriants », a encore plaidé M. Williams.

L’idée vient d’un groupe de citoyens, de l’organisme Les AmiEs de la Terre de Québec et de la compagnie Williams environnement, qui lutte contre le gaspillage des ressources.

La SAQ dit faire sa part

La SAQ, de son côté, assure que « ce qu’il advient de la bouteille de verre est une préoccupation de premier ordre » pour elle.

Elle note sur son site web qu’elle encourage déjà ses fournisseurs à privilégier l’utilisation de bouteilles de verre allégé ou d’autres contenants et qu’elle contribue « à assumer 100 % des frais municipaux de la collecte sélective ».

Elle rapporte qu’elle a aussi tissé des partenariats avec le milieu de la recherche pour trouver de nouveaux débouchés locaux pour le verre récupéré.

Entre autres, elle a utilisé l’équivalent de 3000 000 de bouteilles de vin sous forme de verre recyclé dans une centaine de projets de mobilier urbain, paillis, planchers et autres.