(Ottawa) Le gouvernement fédéral a annoncé de nouvelles mesures pour protéger les baleines noires de l’Atlantique Nord dans le golfe du Saint-Laurent, dont plusieurs sont mortes à la suite de collisions avec des navires ou après être restées coincées dans des filets de pêche.

Teresa Wright
La Presse canadienne

Le bien-être de cette espèce en voie de disparition préoccupe grandement les Canadiens, a déclaré lundi le ministre des Pêches, Jonathan Wilkinson.

Il ne resterait environ que 400 baleines noires dans le monde.

Les nouvelles protections prévoient une surveillance aérienne accrue pour tenter de repérer les baleines dans le golfe et un élargissement des limites de vitesse pour les navires à l’est de la zone actuelle, où les bateaux doivent réduire leur vitesse à 10 nœuds lorsqu’une baleine noire est aperçue dans la mer.

Les navires voyageant dans un secteur tampon situé à cinq milles marins autour de ces zones de limitation de vitesse devront également ralentir si une baleine est vue — auparavant, ces zones tampons étaient établies à 2,5 milles marins.

Les plus petits bateaux — ceux qui dépassent 13 mètres — devront aussi se conformer à la limite de vitesse, alors que précédemment, seuls les bateaux de plus de 20 mètres étaient touchés.

Les nouvelles mesures entreront en vigueur mardi, dès minuit.

Une année meurtrière

« À la suite de la mort tragique de six baleines noires de l’Atlantique Nord cette année, notre gouvernement met en place de nouvelles mesures d’urgence et procède à des interventions supplémentaires pour protéger davantage cette espèce emblématique menacée de disparition », a déclaré le ministre Jonathan Wilkinson, dans un communiqué.

Six baleines noires de l’Atlantique Nord sont mortes dans les eaux de l’est du Canada depuis le début de juin. Aucun décès n’a été enregistré l’année dernière dans les eaux canadiennes, mais 12 baleines noires avaient été retrouvées mortes en 2017, principalement parce qu’elles avaient heurté un navire ou qu’elles étaient restées emmêlées dans des filets.

La semaine dernière, La Presse canadienne rapportait que les mesures antérieures prises pour protéger les baleines noires de l’Atlantique Nord n’allaient pas assez loin, selon une étude scientifique fédérale.

Selon l’étude fédérale, les limitations de vitesse et la fermeture de zones de pêche dans le golfe du Saint-Laurent ont réduit les risques de nuire aux baleines en voie de disparition, mais des dangers subsistent, en particulier dans les eaux situées en dehors des zones protégées.

Cela est dû en partie à l’augmentation du trafic maritime. Mais les scientifiques soulèvent aussi la possibilité que les bateaux accélèrent juste avant qu’ils n’atteignent les zones de restrictions « probablement en vue de réduire leur vitesse dans cette zone ».

Les scientifiques ont également exprimé leur inquiétude quant à la diminution, en 2018, de la zone de ralentissement dans un secteur situé au nord de l’île d’Anticosti, qui est particulièrement exposé aux risques de collision avec des navires.

Nouvelles restrictions en vigueur

D’autres restrictions liées à la navigation sont maintenant appliquées alors que trois décès cette année ont été attribués de manière préliminaire aux collisions avec des navires, a déclaré le ministre des Transports, Marc Garneau.

« Ces mesures s’appuient sur celles que j’avais annoncées récemment. Le gouvernement reste déterminé à prendre toutes les mesures nécessaires pour protéger cette espèce importante, y compris les initiatives contenues dans le Plan de protection des océans et l’Initiative de protection des baleines », a-t-il indiqué dans le communiqué gouvernemental.

En plus des six morts cette année, trois autres baleines sont actuellement emmêlées dans les eaux méridionales du golfe et des efforts sont en cours pour les libérer.