Le nombre de larves de coraux a diminué de 89% entre 2015 et 2018 dans la Grande Barrière de corail en Australie, selon une nouvelle étude publiée début avril dans la revue Nature.

Mathieu Perreault Mathieu Perreault
La Presse

«Les coraux morts ne font pas de bébés», a dit par voie de communiqué l’auteur principal de l’étude, Terry Hughes du Centre d’excellence ARC pour l’étude des récifs de coraux de l’Université James Cook, située à Townsville, dans le nord-est de l’Australie. «Le nombre de larves de coraux dans la Grande Barrière a chuté de 89% après la perte sans précédent de coraux adultes en 2016 et 2017, à cause du réchauffement de la planète.»

L’espèce la plus importante de la Grande Barrière, Acropora, a perdu 93% de ses larves. «Cette espèce apporte la structure en trois dimensions qui est essentielle à des milliers d’autres espèces de coraux», a dit Andrew Baird, un collègue de M. Hughes qui est aussi coauteur de l’étude. 

«La quantité de larves de coraux produits chaque année et la distance qu’elles voyagent avant de se fixer à quelque part sur la Grande Barrière sont des composantes vitales de sa résilience aux changements climatiques. Nous montrons ici que cette adaptation ne sera pas facile.»

La Grande Barrière de corail a connu depuis 20 ans quatre «blanchiments» massifs où les coraux se décolorent lors qu’ils meurent: en 1998, 2002, puis 2016 et 2017. Les auteurs de l’étude préviennent que l’intervalle entre les épisodes de blanchiment va aller en s’amenuisant.

«Nous verrons probablement un ou deux autres blanchiments dans la prochaine décennie», a ajouté dans le communiqué un autre coauteur, Morgan Pratchett, lui aussi de l’Université James Cook. 

«Le problème, c’est que lorsqu’une partie de la Grande Barrière était endommagée par un cyclone, les autres portions fournissaient des larves pour qu’elle se reconstruise. Mais le blanchiment en 2016 et 2017 s’est étendu sur 1500 km.»

- Source : Université James Cook