Le projet d’agrandissement du site d’enfouissement de Sainte-Sophie, dans les Laurentides, doit faire l’objet d’audiences publiques du Bureau d’audiences publiques sur l’environnement (BAPE), réclame le Front commun québécois pour une gestion écologique des déchets.

Jean-Thomas Léveillé Jean-Thomas Léveillé
La Presse

L’organisation déposera sous peu une demande officielle de consultation publique au BAPE, a indiqué hier à La Presse son directeur général, Karel Ménard.

Le BAPE tiendra d’ailleurs une séance d’information sur le projet d’agrandissement ce soir, à 19 h 30, au Pavillon Lionel-Renaud de Sainte-Sophie. L’entreprise Waste Management, propriétaire du site d’enfouissement, répondra aux questions du public.

Au rythme actuel, le lieu d’enfouissement technique de Sainte-Sophie, situé environ à mi-chemin entre Saint-Jérôme et Sainte-Anne-des-Plaines, aura atteint sa capacité maximale dans trois ans, à la fin de novembre 2022.

Waste Management demande la permission d’ouvrir une nouvelle aire d’enfouissement d’une capacité de 18,6 millions de tonnes, ce qui, au rythme actuel d’enfouissement d’un peu moins d’un million de tonnes par an, lui permettrait de poursuivre ses activités jusqu’en 2040.

L’étude d’impacts réalisée par Waste Management indique que le projet, évalué à 90 millions de dollars, nécessiterait le déboisement de quelque 39 hectares de forêt et la destruction de 18 hectares de milieux humides, que l’entreprise s’engage à compenser ailleurs dans la région.

Le site d’enfouissement de Sainte-Sophie reçoit des matières résiduelles provenant, en ordre d’importance, de la Communauté métropolitaine de Montréal, des Laurentides, de Lanaudière et de l’Outaouais ; environ le tiers provient du secteur résidentiel et les deux tiers, du secteur industriel, commercial et institutionnel.

Offre trop grande

Waste Management estime que « le projet est nécessaire, malgré tous les efforts pour la réduction à la source et le réemploi », a indiqué à La Presse son directeur des affaires publiques, Martin Dussault.

Karel Ménard y voit plutôt une « inadéquation » avec les objectifs québécois de réduction des déchets, rappelant que Montréal « vise le zéro déchet » d’ici 2030.

Il y a trop d’offre d’élimination à bas prix au Québec, ça décourage les initiatives qui visent à détourner les matières résiduelles de l’enfouissement.

Karel Ménard

Des « mégasites » tels que celui de Sainte-Sophie créent des « capacités [d’enfouissement] pharaoniques à des coûts très, très bas », déplore-t-il.

C’est pourquoi le Front commun québécois pour une gestion écologique des déchets fait « systématiquement » des demandes d’audiences publiques sur les projets d’agrandissement de sites d’enfouissement.

L’organisation souhaiterait voir le BAPE étudier « le portrait d’ensemble » de l’enfouissement des matières résiduelles au Québec plutôt que de se pencher sur les demandes d’agrandissement au cas par cas.