« Nous ne sommes pas ici pour faire un brin de jasette, nous avons assez parlé. Nous ne sommes pas venus pour négocier, nous avons assez négocié. Nous sommes là pour des actions. »

Éric-Pierre Champagne Éric-Pierre Champagne
La Presse

C’est en ces termes que le secrétaire général de l’ONU, Antonio Guterres, a ouvert le Sommet spécial sur le climat qui se tient lundi à New York.

« Tout a un coût, mais le coût le plus élevé est celui de l’inaction, a-t-il ajouté. Le billet d’entrée pour ce sommet n’est donc pas un beau discours, mais un plan d’action concret. »

Pour sa part, le pape François a déploré les « très vagues » engagements pris par les États depuis l’accord de Paris de 2015, dans un message vidéo envoyé aux participants du sommet.

« Avec l’accord de Paris du 12 décembre 2015, la communauté internationale a pris conscience de l’urgence et de la nécessité de donner une réponse collective pour collaborer à la construction de notre maison commune », rappelle le pape François.

« Cependant, quatre ans après cet accord historique, nous constatons que les engagements pris par les États sont encore très vagues et loin d’atteindre les objectifs fixés », s’inquiète-t-il.

Le souverain pontife se demande même « s’il existe une réelle volonté politique d’allouer davantage de ressources humaines, financières et technologiques pour atténuer les effets négatifs du changement climatique et aider les populations les plus pauvres et vulnérables, qui sont celles qui en souffrent le plus ».

Les appels à l’action du secrétaire général semblent avoir porté fruit, du moins en partie, puisque 66 États ont annoncé avant l’ouverture du sommet qu’ils adhéraient désormais à l’objectif d’une neutralité carbone d’ici 2050.

Ces 66 pays se joignent à 10 régions, 102 villes et 93 entreprises pour parvenir à un bilan de zéro émission de gaz à effet de serre d’ici le milieu du siècle, un objectif fixé par les scientifiques pour contenir le réchauffement de la Terre dans les limites stipulées par l’accord de Paris de 2015, c’est-à-dire au pire +2 °C par rapport à la fin du XIXe siècle (la Terre en est à environ +1 °C).

Parmi les autres annonces de l’ONU, 68 pays se sont engagés à revoir officiellement à la hausse leurs plans climat d’ici 2020, date à laquelle les 195 signataires de l’accord de Paris sont censés déposer de nouveaux engagements.

Et 30 pays adhèrent désormais à une alliance promettant de mettre fin à la construction de centrales au charbon à partir de 2020.

« Je ne devrais pas être ici, je devrais être à l’école chez moi, a lancé la jeune militante suédoise Greta Thunberg en ouverture du sommet. Vous avez volé mes rêves et mon enfance avec vos belles paroles. Honte à vous ! » a-t-elle ajouté avec émotion. Elle a rappelé l’échec des États à mettre en place des mesures pour contenir le réchauffement à moins de 2 degrés Celsius, comme le prévoit l’Accord de Paris.

Apparition surprise du président Trump

Le président américain Donald Trump a fait une brève apparition surprise au sommet de l’ONU, à New York, auquel il n’avait pas prévu de participer.

M. Trump, qui ne s’est pas exprimé à la tribune, s’est assis pendant quelques minutes dans l’enceinte où il a écouté, puis applaudi, le discours du premier ministre indien Narendra Modi.

PHOTO LUDOVIC MARIN, AGENCE FRANCE-PRESSE

Donald Trump

Une soixantaine de dirigeants mondiaux participent à ce sommet sur « l’urgence climatique » pour donner un second souffle à l’accord de Paris, que les États-Unis ont quitté avec fracas peu après l’arrivée de M.  Trump au pouvoir.

La Russie est absente, mais elle a signé, peu avant l’ouverture du sommet, une résolution gouvernementale consacrant son adhésion définitive à l’accord de l’accord de Paris sur le climat, signé par 195 pays.

La Chine a fait en quelque sorte un pied de nez aux États-Unis en rappelant qu’elle respectait ses promesses dans le cadre de l’Accord de Paris. Son représentant, Wang Yi, a souligné que les émissions chinoises de GES ont diminué de 45 % par rapport à 2005. Le recours aux combustibles fossiles a diminué à 14 % en 2018, a-t-il ajouté.

De son côté, le Pakistan a annoncé son intention de planter 10 milliards d’arbres d’ici cinq ans.

– Avec l’Agence France-Presse