Les populations européennes de loups sont menacées par les chiens errants, selon une nouvelle étude. Ces chiens s’accouplent avec des loups et leurs bâtards pourraient rayer de la carte les meutes de loups génétiquement pures.

Mathieu Perreault Mathieu Perreault
La Presse

« Nous devons gérer ce problème avant que les hybrides loups-chiens avant que la conservation des loups devienne impossible », a déclaré par voie de communiqué l’auteur principal de l’étude publiée fin mai dans la revue Frontiers in Ecology and Evolution, Valerio Donfrancesco de l’Université d’Exeter en Angleterre.

  L’équipe paneuropéenne a interviewé 40 spécialistes du loup, qui s’entendent sur la certitude que si rien n’est fait, il n’y aura bientôt plus de meutes de loups en Europe, mais des populations bâtardes. Mais ils ne s’entendent pas sur la solution : certains prônent la préservation de populations isolées de bâtards chiens-loups, une avenue coûteuse, d’autres leur stérilisation ou l’abattage des bâtards, des mesures qui horripilent les biologistes soucieux des droits des animaux.

« La gestion des hybrides chiens-loups ne devrait pas être un tabou dans la communauté scientifique », déplore Paolo Ciucci, de l’Université La Sapienza de Rome, lui aussi coauteur.

  Environ 17  000 loups vivent en Europe. Il y a 30 ans, ils étaient disparus de nombreux pays, subsistant en Italie, en Espagne, en Pologne et en Scandinavie. Ils ont migré vers la France de l’Italien il y a 25 ans, de la Pologne à l’Allemagne au tournant du millénaire et ont été vus pour la première fois depuis un siècle en Belgique et aux Pays-Bas l’an dernier.

  Certains pays ont décidé, sous la pression des éleveurs de moutons, d’autoriser l’abattage des loups, notamment la France et l’Allemagne l’an dernier. La Norvège a été la plus audacieuse, éliminant la moitié de ses 100 meutes de loups.