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Obama hausse le ton sur le charbon

Barack Obama, qui avait fait de la lutte... (PHOTO ARCHIVES PC)

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Barack Obama, qui avait fait de la lutte contre le réchauffement climatique une de ses promesses centrales de campagne en 2008, a tenté de mettre en place ce système de quotas au niveau fédéral mais s'est heurté à l'hostilité du Congrès.

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Jérôme CARTILLIER
Agence France-Presse
Washington

Barack Obama change de ton dans la lutte contre le changement climatique: dans l'impasse au Congrès, il met en place de nouvelles normes sur les émissions des centrales à charbon, énergie fossile la plus émettrice de gaz à effet de serre.

L'Agence de protection de l'environnement (EPA) devait dévoiler lundi ses propositions pour une réduction drastique des émissions de CO2 pour l'ensemble des centrales thermiques existantes, qui représentent 40% du total des émissions aux États-Unis.

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Même si le gaz naturel monte en puissance, le charbon reste une composante centrale du paysage énergétique américain. Il est extrait dans 25 États, Wyoming en tête, suivi de la Virginie Occidentale, du Kentucky, de la Pennsylvanie et de l'Illinois.

Les centaines de centrales à charbon réparties sur le territoire fournissent environ 37% de l'électricité du pays, devant le gaz naturel (30%) et le nucléaire (19%).

Si le calendrier exact et l'ampleur des mesures ne sont pas encore connues, le principe est acquis: Washington fixera des objectifs de réduction d'émissions à chaque État américain en leur laissant ensuite une grande latitude sur la façon de les atteindre.

Selon le Wall Street Journal, l'EPA va proposer, pour les centrales existantes, une réduction de 30% des émissions de CO2 d'ici 2030 par rapport à 2005. Le quotidien, qui cite des sources proches du dossier, affirme que l'objectif chiffré pourra varier selon les États mais que la moyenne nationale sera de 30% à l'horizon 2030.

«Il y a, à travers le pays, de nombreuses centrales à charbon qui sont vieilles et inefficaces, les nouvelles normes auront un impact sur les arbitrages à venir en termes de fermetures», estime Kevin Kennedy, du World Resources Institute (WRI) à Washington.

Le climat est un dossier politiquement sensible aux États-Unis: les républicains, qui contrôlent une partie du Congrès, s'opposent à toute nouvelle loi, certains contestant la réalité du changement climatique, d'autres la responsabilité des activités humaines.

Paralysée au niveau législatif, la Maison-Blanche a décidé d'agir au niveau règlementaire, par le biais de l'EPA, en s'appuyant sur la Loi sur la propreté de l'air (Clean Air Act), une approche décriée par certains industriels qui agitent le spectre de pertes massives d'emplois.

Cette initiative sur le charbon, qui vise à promouvoir les énergies renouvelables (solaire, éolien) et l'efficacité énergétique, s'inscrit dans le cadre d'un vaste plan climat, annoncé il y a an par Barack Obama. Il s'était engagé en 2009 à réduire, d'ici 2020, les émissions américaines de gaz à effet de serre de 17% par rapport à leur niveau de 2005.

Blocage devant les tribunaux ou le Congrès? 

Parmi les pistes envisagées, la mise en place de systèmes de quotas d'émissions de CO2, afin d'encourager les groupes énergétiques à investir dans des énergies alternatives ou des technologies moins polluantes: ceux qui émettent plus que le plafond fixé doivent acheter des quotas supplémentaires sur le marché, ceux qui émettent moins peuvent, à l'inverse, en revendre.

Un marché régional existe déjà dans le nord-est des États-Unis et rassemble une dizaine d'États, allant du Maine au Maryland. Une initiative similaire a été lancée en Californie.

Obama, qui avait fait de la lutte contre le réchauffement climatique une de ses promesses centrales de campagne en 2008, a tenté de mettre en place ce système de quotas au niveau fédéral mais s'est heurté à l'hostilité du Congrès où le projet de loi a été rejeté.

Samedi, lors de son allocution hebdomadaire, il a défendu son approche réglementaire, soulignant que le changement climatique n'était plus «une menace lointaine» mais une réalité. «Nous limitons les quantités de produits chimiques toxiques - tels que le mercure, le soufre et l'arsenic - que les centrales peuvent rejeter dans l'air ou l'eau. Mais elles peuvent rejeter des quantités illimitées de CO2 dans l'air. Cela n'a pas de sens».

Pour Alden Meyer, de l'Union of Concerned Scientists, la mise en place de normes sur les centrales thermiques, «pièce centrale» de la stratégie climat d'Obama, sera scrutée avec énormément d'attention à l'étranger, à l'approche de la Conférence internationale sur le climat de Paris fin 2015.

Sur le fond, bien sûr, mais aussi les réactions qu'elle provoquera dans la classe politique et au sein de la société américaine: «Cette initiative survivra-t-elle aux tentatives de blocage devant les tribunaux ou le Congrès? Sera-t-elle soutenue par le prochain président?».

Interrogé sur les annonces à venir, le républicain John Boehner, président de la Chambre des représentants, a affiché clairement la couleur. «Je ne suis qualifié pour parler des raisons scientifiques du changement climatique», a-t-il lancé. «Mais je suis assez malin pour comprendre que toutes les initiatives de cette administration sur le changement climatique reviennent à faire du mal à notre économie et à tuer des emplois américains».




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