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OGM : les exportations de blé américain en péril

Certains agriculteurs américains pourraient être forcés de détruire... (PHOTO FRANCESCO DEL BO, AFP)

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Certains agriculteurs américains pourraient être forcés de détruire leurs récoltes.

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Véronique Dupont
Agence France-Presse

La découverte dans un champ de blé OGM non homologué développé par Monsanto aux États-Unis pourrait nuire aux exportations américaines alors que certaines commandes de blé ont déjà été suspendues au Japon et en Corée et que l'Union européenne se penche sur le problème.

Les États-Unis sont les premiers exportateurs mondiaux de blé avec une part de marché de 10%. La production américaine de blé pèse 18 milliards de dollars par an et 45% en est exporté.

Le blé transgénique retrouvé en Oregon, au nord-ouest du pays, a donc de quoi inquiéter les agriculteurs américains, même si la variété du champ où a été retrouvé l'OGM (du blé tendre blanc), ne représente que 17% des exportations américaines.

«À cause de la nature isolée de cet incident, il semble y avoir peu de raisons scientifiques pouvant amener les gouvernements à suspendre les achats», s'efforçait de rassurer l'Association américaine des cultivateurs de blé, dans un communiqué reçu vendredi.

Le département de l'Agriculture des États-Unis (USDA), qui mène une enquête pour comprendre comment cette variété de blé génétiquement modifiée s'est retrouvée dans un champ, a pour sa part assuré qu'il n'y avait «aucune preuve suggérant qu'il ait pénétré des approvisionnements commerciaux et [qu'] il n'y a pas de risques pour la santé».

Depuis l'annonce mercredi de cette découverte, le Japon a déjà annulé une commande de 25 000 tonnes de blé tendre blanc. L'archipel nippon est crucial pour les agriculteurs de blé américain, car c'est leur premier marché d'exportation, suivi par le Mexique, le Nigeria et la Corée du Sud.

L'Association américaine des cultivateurs de blé fait toutefois remarquer que le Japon a continué cette semaine d'acheter du blé d'autres variétés en provenance des États-Unis.

Elle indique toutefois que l'Association des meuniers coréens, grosse acheteuse de blé américain, a elle aussi suspendu depuis mercredi ses importations de blé tendre blanc américain.

La Commission européenne a pour sa part recommandé aux pays de l'UE de mener des contrôles sur les importations de cette variété de blé pour voir si elles contiennent des traces de l'OGM de Monsanto. Celui-ci a été développé dans les années 90 et abandonné en 2004 avant d'avoir fait l'objet d'une demande d'homologation, en raison des faibles perspectives commerciales.

Le cours du blé américain s'est maintenu sur les marchés financiers. Mais «si l'annulation de la commande du Japon se confirme, il y aura plus de pressions sur le marché, car cela pourrait créer un effet de contagion vers d'autres pays», a remarqué Frank Cholly, analyste chez le courtier RJO Futures.

Il s'est étonné que cette affaire surgisse tant d'années après l'arrêt de ce programme. «Il aurait dû y avoir plus de contrôles», a-t-il remarqué.

Le blé OGM de Monsanto, au génome modifié pour résister au glyphosate (substance active notamment dans le désherbant «Roundup» du groupe), avait été développé à partir des années 90 par le géant agrochimique et avait été testé en culture entre 1998 et 2004.

Devant «une forte opposition à travers le monde» de la part des agriculteurs, qui craignaient de ne pouvoir le commercialiser, Monsanto avait renoncé à le mettre sur le marché et n'avait pas demandé d'homologation, a rappelé l'analyste Bill Nelson, du cabinet Doane Advisory Services.

Le blé est destiné avant tout à l'alimentation humaine, à la différence du maïs ou du soja. Aucun blé OGM n'est actuellement commercialisé dans le monde.

L'affaire «peut affecter durablement les exportations de blé si les États-Unis ne prennent pas des mesures rapides pour détruire ces semences et empêcher leur contamination», a poursuivi Bill Nelson. Mais si elle le fait, l'impact sur le blé américain sera de courte durée, selon lui.

«Nous allons avoir des problèmes pendant environ trois semaines avec les exportateurs, mais c'est un incident isolé», a renchéri Rich Nelson, de la maison de courtage Allendale.




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