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QS: dix sièges vécus comme une victoire

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Québec solidaire aurait pris le pouvoir hier soir que l'exaltation de ses militants n'aurait pas été différente.

Ce n'est peut-être que 10 sièges que le parti a récoltés, devenant ainsi la deuxième opposition à l'Assemblée nationale, mais pour la jeune formation politique et ses militants, la victoire était totale.

Pendant toute la soirée, des centaines de partisans survoltés - en grande partie des jeunes - ont surchauffé le théâtre Olympia, à Montréal. Jusqu'à l'arrivée triomphale de la co-porte-parole du parti, Manon Massé.

« Entendez-vous ça ? Imaginez le vacarme la prochaine fois ! », a-t-elle lancé à la foule.

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« Nous sommes le nouveau visage de la politique québécoise, et l'avenir nous appartient !, a-t-elle ajouté. Rappelez-vous ce qu'on a fait quand on était seulement trois : imaginez maintenant ! »

De 3 députés à 10

Car, oui, ces 10 sièges ont une signification bien particulière pour Québec solidaire (QS), qui comptait sur trois députés à la dissolution de l'Assemblée nationale et qui n'avait convaincu que 7,6 % des Québécois en 2014 - une proportion maintenant doublée.

Jusque-là confinée à l'île de Montréal, la formation politique a conquis quatre circonscriptions en dehors de la métropole. QS a également fait tomber le chef péquiste Jean-François Lisée dans sa circonscription de Rosemont, à Montréal.

« QS n'est pas le parti du Plateau Mont-Royal. C'est le parti du monde qui veut que ça change pour vrai. À ceux et celles qui ont voté pour nous, je vous dis : bienvenue chez vous », a déclaré Manon Massé.

Elle a rappelé au nouveau premier ministre François Legault qu'il porte « sur [ses] épaules une lourde responsabilité face à l'histoire », celle de la « transition énergétique du Québec », pièce centrale du programme solidaire et pratiquement absente de la plateforme caquiste.

« Comme le dit toujours François : on verra ! », a ricané Mme Massé, avant d'ajouter qu'elle souhaitait déposer avec lui, d'ici la fin de la prochaine année, un projet de loi modifiant le mode de scrutin en vigueur.

Elle a également remercié le premier ministre sortant Philippe Couillard d'avoir mené une campagne « respectueuse » et a salué Jean-François Lisée, souhaitant que le projet commun péquiste et solidaire, la souveraineté du Québec, « redevienne synonyme d'ouverture et de solidarité ».

Foule galvanisée

Un peu plus tôt dans la soirée, l'autre co-porte-parole du parti, Gabriel Nadeau-Dubois, avait galvanisé la foule avec une verve qui n'était pas sans rappeler ses discours du printemps étudiant.

« La percée historique de QS ce soir, ce n'est pas un accident, a-t-il dit. C'est plus qu'un signe, c'est une lame de fond. Ma génération en particulier nous a fait très largement confiance. On va continuer à marcher encore longtemps ! »

« Tous les gens qui nous ont regardés de haut depuis 12 ans, retenez cette leçon : ni le mépris ni les menaces ne peuvent freiner le peuple quand il marche. »

Puis, rendant hommage à sa co-porte-parole, il a avancé que, faute d'avoir été élue première ministre, elle avait « préparé la suite ».

« Et l'étoffe de première ministre, ce n'est pas la dentelle de Westmount, c'est le vrai parler de Manon Massé », a-t-il tranché.

Percée à Québec

C'est l'annonce de la victoire de Catherine Dorion, dans Taschereau, qui a causé la première de plusieurs explosions de joie dans la foule.

Puis, les bonnes nouvelles se sont succédé pour les solidaires  avec les victoires de Ruba Ghazal dans Mercier, d'Alexandre Leduc dans Hochelaga-Maisonneuve, d'Andrés Fontecilla dans Laurier-Dorion et de Vincent Marissal dans Rosemont.

Si l'élection de Ruba Ghazal était presque acquise dans le bastion solidaire défendu par Amir Khadir depuis 10 ans, la victoire tient de l'exploit pour Andrés Fontecilla, qui a fait changer de camp une circonscription quasi systématiquement acquise aux libéraux.

Quant à Alexandre Leduc et Vincent Marissal, ils ont tous deux conquis des châteaux forts péquistes. L'ex-journaliste de La Presse a pour ce faire éjecté nul autre que Jean-François Lisée, chef du Parti québécois.

« Si tout ce qui ne nous tue pas nous rend plus fort, je vous annonce que je suis immortel », a dit M. Marissal, référence non voilée à son début de campagne chaotique.

« Ne vous laissez plus jamais dire que le cynisme gagne le Québec », a-t-il affirmé.

Trois percées hors Montréal attendaient encore QS plus tard dans la soirée : Sol Zanetti dans Jean-Lesage, Christine Labrie, qui a vaincu le ministre Luc Fortin dans Sherbrooke, et Émilise Lessard-Therrien dans Rouyn-Noranda - Témiscamingue - trois circonscriptions enlevées au Parti libéral.

« Une nouvelle génération est en train de faire sa place, elle est tannée qu'on hypothèque son avenir. Elle n'a pas connu le cynisme des défaites amères, elle est prête à prendre la relève : il est temps qu'on leur fasse une place », a lancé Manon Massé.




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