François Legault minimise l'impact sur ses relations avec Justin Trudeau des propos tenus par son épouse et pour lesquels elle a présenté ses excuses.

Mis à jour le 26 sept. 2018
Tommy Chouinard LA PRESSE

Comme le révèle La Presse mercredi, Isabelle Brais, femme du chef de la CAQ, est bien moins optimiste que son mari quant à la possibilité de négocier avec le fédéral. Rouvrir la Constitution sera impossible avec le gouvernement de Justin Trudeau, estime-t-elle. « Son père était brillant, mais lui ne l'est pas », a-t-elle laissé tomber, cet été, devant des électeurs de Westmount.

François Legault a dû commenter cette histoire lors d'une mêlée de presse à Tadoussac mercredi. « Mon épouse, avec qui je suis depuis 28 ans, c'est une femme autonome qui a ses opinions et qui est spontanée. Elle s'est excusée, moi je pense qu'il faut tourner la page (...). Ça règle le dossier », a-t-il soutenu.

M. Legault considère qu'il n'a pas lui-même à offrir des excuses. « Non, je pense qu'elle est une grande femme, elle s'est excusée pour elle-même », a-t-il dit.

Le chef caquiste a répondu qu'il n'est « pas en mesure de juger qui est le plus brillant des deux », entre le père et le fils Trudeau. Il a ajouté que Mme Brais « a dit que ses mots ont dépassé sa pensée ».

Il nie que cette histoire risque de nuire à d'éventuelles négociations avec le fédéral s'il est porté au pouvoir. Il se fait plus optimiste que son épouse au sujet de tels pourparlers. Il s'est engagé à conclure une nouvelle entente sur l'immigration, par exemple.

« Je suis confiant que les demandes qu'on fait auprès d'Ottawa, parce qu'elles sont appuyées par un grand pourcentage de Québécois, devront être accueillies peu importe qui sera là à l'automne 2019 », à l'issue des prochaines élections fédérales.

Il a confirmé que la personne responsable de préparer la transition pour un éventuel gouvernement caquiste, Catherine Loubier, a « parlé avec des gens du gouvernement fédéral » au cours des derniers jours. Il n'a donné aucun détail sur le résultat des échanges menés par cette ex-conseillère du premier ministre conservateur Stephen Harper.

« Contre-productif », selon Lisée

Le chef du Parti québécois, Jean-François Lisée, estime que malgré ses désaccords avec Justin Trudeau, c'est un homme « qui a une légitimité, qui a une crédibilité, qui a une habileté ».

S'il est devenu chef du Parti libéral du Canada, puis premier minsitre, c'est qu'il « doit faire quelque chose de bien ».

« Ce sont des commentaires qui sont contre-productifs, a dit M. Lisée. Je pense que je ne le sous-estime pas. Il représente un pouvoir important. »

« C'est un interlocuteur valable, a-t-il ajouté. Qu'il ne me sous-estime pas non plus. »

À Ottawa, le ministre du Patrimoine Canadien et du Multiculturalisme, Pablo Rodriguez, s'est dit « content » que Mme Brais se soit excusée « parce que ces commentaires-là n'ont pas leur place en politique ».

-Avec la collaboration de Martin Croteau et Maxime Bergeron