En plus de couper 5000 postes dans l'appareil de l'État, François Legault veut en transférer le même nombre dans les régions sur un horizon de dix ans.

TOMMY CHOUINARD LA PRESSE

Le chef caquiste a pris cet engagement jeudi, devant des élus municipaux réunis dans le cadre du congrès de la Fédération québécoise des municipalités (FQM). C'était sa première sortie publique depuis la matinée de mardi. Le dernier débat des chefs a lieu jeudi soir. Ceux-ci participent tous au congrès de la FQM.

Dans son allocution d'ouverture, le président de la FQM, Jacques Demers, a fait part de ses doléances et a déclaré entre autres qu'«il n'est pas exagéré d'exiger qu'au moins 5000 nouveaux emplois du gouvernement soient déconcentrés à l'extérieur des villes-centres».

François Legault a décoché une flèche à l'endroit de Philippe Couillard, lui reprochant d'avoir opéré une «centralisation des fonctions du gouvernement et des différents ministères». «Il faut renverser ça», a-t-il dit.

Ses adversaires ont proposé de transférer en région certains ministères ou directions de ministères. «Je ne veux pas fonctionner comme ça», a indiqué M. Legault. «Je veux que ce soit tous les ministères qui déposent un plan pour transférer des emplois en région.»

Avec un gouvernement de la CAQ, «il va y avoir 5000 emplois de transférés de Québec et de Montréal vers les régions», a-t-il annoncé.

Le communiqué de la CAQ indique qu'il s'agit de postes du «secteur public». Or, François Legault a précisé lors d'un point de presse que son engagement concerne plutôt les secteurs public et parapublic, de même que tous les organismes. Sa promesse vise donc à transférer 1% des quelque 500 000 postes de l'appareil de l'État.

Le communiqué souligne que l'opération serait menée «sur un horizon de 10 ans», ce qui va bien au-delà d'un mandat de gouvernement.

La CAQ compte «profiter des départs à la retraite pour déplacer des postes sans obliger qui que ce soit à déménager». Elle table aussi sur une réduction du personnel par attrition pour couper 5000 postes. Pour François Legault, ses promesses sont réalistes dans la mesure où il y a 20 000 des 500 000 employés qui partent à la retraite chaque année.

Rappelons que les conventions collectives limitent le déplacement des fonctionnaires. Un transfert peut se faire dans un rayon maximal de 50 kilomètres du domicile ou du «port d'attache» d'un fonctionnaire, selon le Syndicat de la fonction publique du Québec (SFPQ). Si le déplacement est plus important, l'employé a le droit de refuser. Les conventions collectives seront échues le 31 mars 2020.

Philippe Couillard a promis plus tôt dans la campagne de déménager en région une partie des fonctionnaires et des cadres de trois ministères s'il est réélu. Il n'a pas chiffré le nombre de postes concernés. Il a donné un seul exemple précis lors d'une conférence de presse: il y aurait 25 personnes qui prendraient la direction de Gaspé, dont le sous-ministre adjoint aux Pêches. 

De son côté, Jean-François Lisée a annoncé son intention de déménager en région cinq ministères actuellement basés à Québec. «Plusieurs milliers de fonctionnaires» seraient concernés, disait-il.

Lisée chiffre son engagement

Jean-François Lisée avait déjà annoncé son intention de déménager en région cinq ministères actuellement basés à Québec. «Plusieurs milliers de fonctionnaires» seraient concernés, disait-il à ce moment.

Le chef péquiste a précisé ses intentions, jeudi. Il a confirmé que l'opération toucherait environ 1800 fonctionnaires actuellement basés à Québec. À terme, il calcule qu'environ 4000 employés de l'État seraient basés à l'extérieur de la capitale.

M. Lisée précise que les ministère que le PQ souhaite déménager - Agriculture, Pêches, Mines, Forêts, Faune - couvrent un secteur d'activité qui se trouve dans les régions. Il serait donc plus naturel qu'un déménagement touche ces organismes.

Quant au plan caquiste, il s'est montré sceptique.

«Est-ce qu'il a donné un document? Parce que ça devient extrêmement compliqué, a-t-il ironisé.

«Ça me semble très difficile à réaliser», a-t-il ajouté

- Avec Martin Croteau, La Presse