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Les partis doivent faciliter l'accès au marché du travail, implorent des personnes dysphasiques

Le cri du coeur de François Gosselin ne... (Photo François Roy, La Presse)

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Le cri du coeur de François Gosselin ne peut être plus clair.

Photo François Roy, La Presse

Des adultes dysphasiques ont imploré hier les partis en campagne de mieux outiller les jeunes atteints de troubles du langage pour faciliter leur passage sur le marché du travail.

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Des adultes dysphasiques ont imploré hier les partis en campagne de mieux outiller les jeunes atteints de troubles du langage pour faciliter leur passage au marché du travail.

Photo François Roy, La Presse

« On veut communiquer, on veut se scolariser, on veut travailler ! » Le cri du coeur de François Gosselin ne peut être plus clair. À 26 ans, le jeune homme atteint de dysphasie poursuit des cours de 4e et de 5e secondaire dans un établissement privé de la Rive-Sud. Un long chemin pour ce résidant des Laurentides, mais surtout un accomplissement hors pair pour celui qui se considérait analphabète à 21 ans. Plus que tout, il souhaite obtenir son diplôme.

Accompagné d'autres jeunes adultes atteints comme lui de dysphasie, il a lancé hier un appel aux partis politiques actuellement en campagne électorale afin de faciliter l'accès à un service public d'orthophonie pour tous les enfants et adolescents du Québec.

François Gosselin parle d'un phénomène de cause à effet.

« Si on investit aujourd'hui, beaucoup plus de dysphasiques pourront terminer leur secondaire, et beaucoup moins finiront sur l'aide sociale. Et je rappelle que le Québec manque de main-d'oeuvre. » - François Gosselin

La dysphasie, ou trouble développemental du langage (TDL), est « une atteinte neurologique qui persiste tout au long de la vie [et qui] affecte l'expression ou l'expression et la compréhension du langage », écrit sur son site web l'OBNL Dysphasie Québec.

L'Ordre des orthophonistes et audiologistes du Québec (OOAQ) évalue que 9,4 % des enfants de 5 ans en sont atteints.

« Quand elles entendent un mot, les personnes sans trouble se font une image dans leur tête, explique François Gosselin. Nous, les dysphasiques, en sommes incapables. C'est héréditaire, ça ne se guérit pas. Mais recevoir de la réadaptation à un jeune âge réduit l'impact à l'âge adulte. »

« NE PAS LES LÂCHER »

Les services aux enfants présentant des troubles de langage sont divisés entre les réseaux de la santé, de la petite enfance (services de garde) et de l'éducation.

Le ministère de la Santé et des Services sociaux nous a écrit vouloir poursuivre « ses actions en vue d'améliorer l'offre de service destinée [...] aux enfants ayant une dysphasie ». Or les services publics d'orthophonie varient selon les régions, et les listes d'attente sont longues. Si bien que des parents doivent se tourner vers des services privés, souvent à fort coût - la Régie de l'assurance maladie du Québec (RAMQ) ne rembourse les services privés que jusqu'à l'âge de 5 ans.

S'il est vrai que la petite enfance est un moment névralgique pour les personnes atteintes d'un TDL, il ne faut certainement pas s'y attarder en exclusivité.

« Même si on a réglé certains aspects en maternelle ou en deuxième année, l'enfant est confronté à de  nouvelles problématiques plus complexes par la suite. Il ne faut pas les lâcher. » - Paul-André Gallant, président de l'OOAQ

Et les bénéfices à accompagner de près un enfant dysphasique sont prouvés, explique Phaedra Royle, professeure titulaire à l'école d'orthophonie et d'audiologie de l'Université de Montréal. « Il y a des personnes TDL qui sont musiciens, danseurs, chefs, coiffeurs et même universitaires. Le diplôme secondaire est certainement atteignable. »

À l'inverse, les conséquences négatives de la dysphasie sont elles aussi multiples. Ces impacts sont évidemment d'ordres académique et professionnel, mais ils atteignent rapidement la sphère sociale.

« Un ado peut parfois avoir de la difficulté à s'intégrer à son groupe de pairs, ce qui peut causer du rejet et de l'intimidation, et les enfants avec les troubles de communication ont de plus fortes chances d'être intimidés », énumère Mme Royle.

M. Gallant mentionne par ailleurs que le Québec a connu une véritable pénurie d'orthophonistes au début des années 2000, mais que plusieurs gestes ont été faits pour rétablir la situation.

« Mais y en a-t-il suffisamment dans le réseau public pour combler les besoins ? Quand on regarde les listes d'attente et les besoins en santé et en éducation, on a la réponse à notre question. Beaucoup d'orthophonistes qui travaillent au privé pourraient passer au public, mais encore faut-il que le gouvernement ouvre davantage de postes. »

CE QUE PROPOSENT LES PARTIS

PLQ : Chaque professeur de maternelle et de première année sera accompagné en classe par un professionnel.

PQ : Recension complète des besoins de personnel en éducation et mise en place d'une « loi bouclier » qui empêche toute coupe future dans le réseau.

CAQ : Pas encore d'annonce, mais le parti promet « plus d'orthophonistes » sur son site web.

QS : Embauche de 2300 professionnels, dont des orthophonistes.




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