Le développement hydroélectrique permettra au Québec de jouer un plus grand rôle dans la lutte mondiale au changement climatique, a affirmé François Legault, mardi.

Mis à jour le 4 sept. 2018
Martin Croteau LA PRESSE

La construction de nouveaux barrages et l'exportation d'électricité propre permettrait de fermer les centrales au charbon et au gaz situées dans les provinces et États voisins, a fait valoir le chef de la Coalition avenir Québec. 

«La plus grande contribution que le Québec peut faire pour la planète, ce serait d'exporter plus d'hydroélectricité», a-t-il résumé lors d'un passage à Thetford Mines.

M. Legault a déjà proposé de lancer une «Baie James du XXIe siècle» afin d'exporter davantage d'hydroélectricité. Le gouvernement Couillard a rejeté l'idée au motif que l'Ontario, principal marché ciblé par le chef caquiste, se trouve déjà un surplus de production.

Mais M. Legault n'a pas renoncé à son projet pour autant. Il a proposé de former des «alliances énergétiques» avec les provinces voisines. Elles pourraient prendre des participations financières dans d'éventuels projets de barrage au Québec. 

«On a l'expertise, il y a un besoin chez nos voisins, c'est bon pour l'environnement, contrairement à Philippe Couilloard, je ne pense pas que l'hydroélectricité c'est du passé: c'est une énergie renouvelable, une énergie peu coûteuse, a résumé M. Legault. Donc, moi, je veux en faire une priorité.» 

Un problème «très, très grave»

Dans la foulée d'un appel à l'action pour contrer le «cataclysme planétaire», signé par 200 personnalités du monde des arts et de la science, François Legault a qualifié le changement climatique de «très, très grave».

Il a assuré que la CAQ appuie les objectifs climatiques fixés par le gouvernement Couillard, soit de réduire d'ici 2030 les émissions québécoises de 37,5% par rapport au niveau de 1990.

Il a dit ne pas être en mesure de savoir si le Québec est en voie d'atteindre ses cibles, car il siège dans l'opposition. Mais il n'entend pas les remettre en question.

«Évidemment, il pourrait y avoir des ajustements de moyens, a dit M. Legault. Mais moi, je veux garder la même cible qui est prévue pour 2030.»

De passage à Matane, le chef libéral Philippe Couillard a répliqué que la lutte contre les changements climatiques est «un sujet inexistant pour la CAQ qui le devient existant que lorsqu'il faut aller chercher des votes».

Il n'est pas opportun selon lui de se lancer maintenant dans la construction de nouveaux barrages. «M. Legault ne comprend pas la révolution énergétique qui est en train de se présenter au Québec, le changement à la distribution, à la vente et au stockage de l'énergie. On arrive à l'ère des nouvelles énergies renouvelables aussi. On arrive à l'ère de l'autoproduction d'électricité», a-t-il soutenu.

Du reste, «il est impossible de penser à faire de nouveaux projets, peut-être qu'un jour on pourrait en faire, sans la participation entière des Premières nations. Il vient de tasser du revers de la main les Premières nations de la Côte-Nord avec le projet Apuiat. Pensez-vous qu'ils vont être intéressés de parler à François Legault de développement d'hydroélectricité sur leur territoire? Je ne pense pas».

- Avec la collaboration de Tommy Chouinard