Le premier ministre Philippe Couillard promet de verser aux parents un montant de 150 $ à 300 $ par enfant, chaque année, s'il est reporté au pouvoir.

Mis à jour le 24 août 2018
TOMMY CHOUINARD LA PRESSE

Ce n'est pas une façon d'acheter les votes, se défend-t-il. « Je ne fais que suivre la tendance que le Québec a choisie dans les dernières années: la plus généreuse combinaison de politiques envers les familles. »

L'aide non imposable totaliserait 380 millions de dollars par année. Elle serait accordée en fonction du revenu familial : 300 $ pour les familles gagnant moins de 75 000 $, entre 300 $ et 150 $ pour celles ayant un revenu entre 75 000 $ et 110 000 $, 150 $ pour celles dont les gains sont supérieurs à 110 000 $.

Le montant serait versé « le plus rapidement possible » après les élections du 1er octobre. Il n'est donc pas question que l'aide soit accordée dans le cadre de la production de la déclaration de revenus.

« C'est compliqué un crédit d'impôt pour une famille. Il faut remplir des papiers, il faut comprendre comment ça marche, il faut s'assurer qu'on n'ait pas fait d'erreur dans la déclaration. C'est pas mal plus simple de recevoir un chèque dans la mail ! » a lancé le premier ministre en conférence de presse vendredi, à Trois-Rivières.

Le chef libéral a plaidé que son premier engagement électoral concrétise son slogan « Pour faciliter la vie des Québécois ». Les parents pourraient utiliser l'argent comme bon leur semble : pour payer des sorties avec les enfants ou encore des dîners à l'école au lieu de préparer des lunchs, a-t-il illustré.

« Ça se pourrait que pour un couple, aller passer deux trois jours tranquilles, ça aide après avec les enfants et la pression de la vie quotidienne, si c'est ça qu'il décide. Moi, je ne veux pas dire aux familles ce qu'ils vont faire avec l'argent nouveau qu'on leur apporte. C'est un point de différence fondamental dans les types de politique qui sont présentées. »

Le chef péquiste Jean-François Lisée promet quant à lui la gratuité des fournitures scolaires, qui seraient achetées par les écoles, et des lunchs à prix abordables. « Il y en a pour qui l'État doit s'occuper de tout pour les gens microscopiquement dans leur vie : « Tu vas faire ça, tu va acheter ça, tu vas envoyer ton enfant là ». Les gens, avec raison, veulent un espace de libre arbitre, et c'est fondamental pour notre philosophie politique », a répliqué le chef libéral. 

Il ne voit pas de contradiction entre ses propos et le fait que son gouvernement a instauré l'an dernier un « supplément pour l'achat de fournitures scolaires » de 100 $ par année. L'argent peut servir à d'autres fins, a-t-il plaidé.

Son nouveau programme s'appellerait le Soutien aux familles. Il s'ajouterait au Soutien aux enfants déjà existant.

Philippe Couillard a fait valoir que ce sont les marges de manoeuvres budgétaires dégagées par son gouvernement dans les dernières années qui permettent de financer une telle promesse. Il a précisé que son annonce n'exclut pas une éventuelle baisse d'impôt, mais il est resté évasif sur le sujet. « Après que les services publics soient bien assis, après que le financement de l'éducation et de la santé et des services sociaux soient bien confirmés, s'il y a des marges supplémentaires, bien sûr on va permettre aux Québécois d'avoir plus d'argent dans leur poche », a-t-il dit.

Il n'entend pas rouvrir le dossier de la tarification des services de garde subventionnés. Il a modulé le tarif selon le revenu au début de son mandat, contrevenant à son engagement électoral de 2014. L'État engrange 160 millions de dollars par année de plus avec cette mesure.

Le PLQ entend également créer 2000 nouvelles places en services de garde subventionnés dans les milieux de travail, les cégeps et les universités. Il y en aurait 1700 en centre de la petite enfance (85 %) et 300 en garderie privée (15 %).

Philippe Couillard promet de présenter à nouveau son projet de loi 174 bonifiant le régime d'assurance parentale. Il avait été déposé en mars, mais il était mort au feuilleton en juin faute de temps pour l'adopter. Ce projet de loi prévoit par exemple que les parents puissent remplacer jusqu'à deux semaines de prestations d'assurance parentale par des jours de congé pouvant être utilisés plus tard. Il y a également plus de semaines de prestations pour les parents adoptants.