Sprint final aujourd'hui pour le Parti libéral du Québec (PLQ), le Parti québécois (PQ), la Coalition avenir Québec (CAQ), Québec solidaire (QS), Option nationale (ON) et les 15 autres partis dans la course électorale. Qui remportera l'épreuve? En attendant de connaître les résultats officiels ce soir, voici cinq prévisions plausibles.

Ewan Sauves LA PRESSE

Parti québécois majoritaire

Depuis le début de cette campagne électorale, la majorité des sondages placent la formation de Pauline Marois au pouvoir. Son élection est donc très probable, mais une question persiste: sera-t-elle majoritaire ou minoritaire? Si l'on regarde les intentions de vote pour la CAQ, le PQ risque de perdre plusieurs sièges importants, notamment dans la région de Québec. Si le PQ réussit cependant à dépasser le cap des 63 sièges (nombre minimal pour former un gouvernement majoritaire), il ne faudra toutefois pas s'attendre à une percée fracassante.

PQ minoritaire, CAQ opposition officielle

Il s'agit du scénario le plus probable, selon le professeur et politologue Réjean Pelletier. Le sondage CROP-La Presse du 30 août dernier allait d'ailleurs dans ce sens. Si un gouvernement péquiste se retrouve avec François Legault dans l'opposition, il sera intéressant de voir comment les deux partis travailleront - ou pas - ensemble. Le chef de la CAQ a d'ailleurs mentionné durant sa campagne qu'il ne serait «pas patient» dans un gouvernement minoritaire. Pauline Marois éprouvera aussi beaucoup de difficulté à passer de la parole aux actes une fois au pouvoir, notamment en ce qui concerne son budget et la question de la souveraineté.

PQ minoritaire, PLQ opposition officielle

Si on regarde attentivement la carte du Québec, force est de constater que plusieurs circonscriptions sont encore très «rouges». L'Ouest-de-l'Île ainsi que la partie nord de Montréal devraient offrir une vingtaine de sièges aux libéraux, affirme Réjean Pelletier. «Ce sont des sièges assurés. Il va y avoir des luttes plus chaudes, c'est sûr, mais il va y avoir encore des libéraux.»

CAQ minoritaire, PQ opposition officielle

S'il y a une leçon à retenir de tous les sondages publiés pendant cette campagne électorale, c'est que la CAQ a bel et bien séduit les Québécois. Elle est d'ailleurs la seule des trois formations politiques à avoir connu une montée indéniable, semaine après semaine. Le professeur Réjean Pelletier doute toutefois de la victoire du nouveau parti de François Legault. «À l'élection fédérale, durant la dernière semaine, c'était de plus en plus manifeste qu'il y avait une vague. Cette dernière semaine, on ne peut pas dire la même chose pour une vague caquiste, estime-t-il. Oui, ils ont connu une remontée, mais au détriment des libéraux d'abord et avant tout, parce que le PQ est stable. Si le PQ avait diminué dans ses appuis, là on aurait été proche d'une vraie vague.»

PLQ minoritaire

Jean Charest se montre très confiant quant au vote d'aujourd'hui. Il considère que son parti se retrouvera à l'Assemblée nationale pour un quatrième mandat consécutif. Si c'est le cas, il défiera tous les sondages qui placent son parti bon troisième derrière le PQ et la CAQ.

Claire Durand, professeure à l'Université de Montréal et sociologue, a quant à elle fait ses propres calculs et arrive à une conclusion bénéfique pour les libéraux. Si l'on tient pour acquis que les francophones indécis appuieront à 50% le PLQ, ainsi que 70% des allophones qui n'ont pas fait leur choix, les intentions de vote pour les libéraux grimperont de deux points, au détriment du PQ et de la CAQ. Le Parti libéral serait alors en tête avec 33,1%, suivi du PQ (29,5%) et de la CAQ (26,3%).