La chef péquiste Pauline Marois a dû corriger le tir, dimanche, après avoir invité les conservateurs souverainistes à voter pour le Parti libéral du Québec (PLQ) ou la Coalition avenir Québec (CAQ).

Tommy Chouinard LA PRESSE

En matinée, lors d'une conférence de presse dans Saint-Henri-Sainte-Anne, Mme Marois a expliqué que l'enjeu de cette élection, «c'est sûrement un choix entre des progressistes et des conservateurs premièrement». Elle a ajouté que c'était ensuite un choix «entre des souverainistes et des fédéralistes».

Un journaliste lui a demandé deux fois plutôt qu'une «quelle suggestion» elle fait aux «conservateurs souverainistes», des électeurs de droite qui souhaitent l'indépendance du Québec. Loin de les inviter à voter pour le PQ, elle a répondu: «Qu'ils fassent leur choix. Ils ont deux partis conservateurs devant eux». Elle faisait référence au PLQ et à la CAQ.

Cette déclaration a rapidement été reprise dans les médias. Et un peu avant midi, Pauline Marois a décidé de faire un impromptu de presse. «On va corriger le vent», a-t-elle lancé. «Je n'ai vraiment pas entendu la question. Je croyais que vous demandiez ce que devaient faire les fédéralistes conservateurs.» Rappelons que la question lui a été posée à deux reprises.

«J'ai une chose à dire aux souverainistes conservateurs: le Parti québécois a toujours dirigé le Québec en étant très responsable dans ses politiques économiques, ses politiques sociales audacieuses. Je dis aujourd'hui aux conservateurs souverainistes que je dirigerai un gouvernement qui va être responsable», a-t-elle affirmé. Elle a fait valoir que son cadre financier «propose des mesures concrètes pour les familles, les personnes âgées, mais qui reste dans des sommes raisonnables et pour lesquelles la population a la capacité de payer. Nous n'augmenterons pas le fardeau fiscal, et je crois que pour les conservateurs, c'est une préoccupation». Notons que le programme du PQ prévoit une hausse des impôts pour ceux qui gagnent plus de 130 000$ par année.

Ce n'est pas la première fois que Pauline Marois doit revenir sur ses propos. La semaine dernière, elle avait déclaré qu'un gouvernement péquiste interdirait aux anglophones de souche et aux autochtones de se présenter aux élections s'ils n'ont pas une connaissance appropriée du français. Elle avait dû préciser le lendemain que cette mesure ne toucherait que les nouveaux arrivants. Elle a également fait volte-face au sujet du référendum d'initiative populaire, en disant qu'un gouvernement péquiste ne serait pas obligé de tenir un référendum même si 850 000 électeurs lui en font la demande. Elle disait le contraire en février.

Pauline Marois passe la journée à Montréal. Elle se rendra dans Gouin pour la troisième fois de la campagne, où le député sortant Nicolas Girard est menacé par Françoise David de Québec solidaire.

De passage à la Foire gourmande de Montebello, François Legault s'est étonné des propos de Mme Marois. «Après les référendums populaires, Mme Marois ne semble pas vouloir que les personnes conservatrices votent pour le PQ. J'invite tous ceux qui veulent du changement à voter pour la Coalition avenir Québec», a-t-il brièvement réagi.