Les Québécois ne veulent pas du changement que proposent Pauline Marois et François Legault, a affirmé Jean Charest, lundi matin, au lendemain d'un débat des chefs qui, aux yeux de plusieurs observateurs, n'a pas fait de maître.

Mis à jour le 20 août 2012
Martin Croteau LA PRESSE

Le chef libéral a fait campagne à La Prairie, sur la Rive-Sud de Montréal, pour promettre un plan d'aide aux petites et moyennes entreprises (PME) manufacturières.

M. Charest avait minimisé les attentes à l'approche des débats, puisqu'il était convaincu qu'il serait la cible de tous ses adversaires. Le premier ministre sortant s'est de nouveau déclaré« satisfait » de sa performance, et soutenu qu'il sera capable d'offrir du changement aux Québécois si ceux-ci lui confient un nouveau mandat.

« Le débat d'hier a permis de clarifier davantage les enjeux », a-t-il résumé.

Le chef libéral s'est de nouveau présenté comme le champion du développement économique face à une Pauline Marois qui souhaite lancer la province dans un débat référendaire. Il a également dénoncé le chef caquiste François Legault, qu'il accuse de présenter « des solutions simplistes à des enjeux complexes ».

« De ce changement là, les Québécois n'en veulent pas, a-t-il déclaré au sujet de ses adversaires. Ils veulent quoi comme changement ? Ils veulent un gouvernement qui va s'occuper d'emploi et d'économie, qui va être sur les mêmes priorités que la population du Québec et c'est de ça dont nous voulons. »

La question étudiante, sur laquelle le Parti libéral misait beaucoup pendant la campagne, a à peine été effleurée lors du débat à quatre qui s'est déroulé dimanche soir. M. Charest maintient toutefois que le conflit étudiant qui a tenu le Québec en haleine au printemps est un « enjeu incontournable » qu'il aura « sans doute » l'occasion d'aborder lorsqu'il affrontera la chef péquiste Pauline Marois en duel ce soir.

« L'intimidation, la violence, tout ce que nous avons vécu, le manque de respect envers les jugements des tribunaux et la démocratie, ça ne peut pas être une affaire qu'on met sous le tapis », a-t-il affirmé.

Un programme d'aide aux PME

Jean Charest s'est engagé à créer un fonds de 375 millions sur cinq ans afin de soutenir les entreprises manufacturières, en particulier celles qui fabriquent des produits verts. Cette enveloppe s'ajoute à divers programmes qui existent déjà, pour un total de 750 millions.

Un gouvernement libéral créerait aussi un fonds pour financer des projets issus de la collaboration entre des chercheurs et des entreprises. Québec investirait 500 millions dans un premier mandat, une somme qui serait égalée par le secteur privé. L'objectif est de créer une cagnotte de 2 milliards d'ici 10 ans.

La caravane de Jean Charest fait relâche lundi après-midi le temps que le chef prépare son premier débat en face-à-face, qui l'opposera à Pauline Marois en soirée à TVA. Il affrontera François Legault mardi soir.