Les candidats qui sollicitent un poste de député à l'Assemblée nationale aux élections du 4 septembre ne peuvent porter le carré rouge dans les bureaux de circonscription ou de vote.

Ewan Sauves LA PRESSE

Le Directeur général des élections du Québec (DGEQ) vient d'adopter ce règlement, la directive no 26, entrée en vigueur le 13 août dernier, a appris La Presse.

La directive ne s'applique toutefois pas aux électeurs ni aux candidats qui se présenteront aux urnes pour exercer leur droit de vote.

«Le DGEQ doit s'assurer du processus démocratique et permettre au citoyen électeur, qui est au coeur de nos préoccupations, d'exercer son droit de vote en toute quiétude. À ce moment-là, on dit qu'aucun signe qui prétend à critique ne doit être toléré», explique Caroline Paquin, porte-parole du DGEQ. «Lorsque le candidat va se présenter dans des endroits de gestion, donc des bureaux de scrutin ou un bureau de vote, il exerce des fonctions politiques. Il n'est plus électeur, il est politicien. Dans ce cas-là, le port du carré rouge est interdit.»

Tous les directeurs de scrutin ont reçu cet avis il y a cinq jours, a confié une source à La Presse.

Un règlement empêchait déjà le personnel des bureaux de circonscription de porter le carré rouge. Il y aurait cependant eu des demandes de «précisions» de la part des directeurs de scrutin. «L'avis du DGEQ dit qu'il ne suffit pas que justice soit rendue, il doit y avoir apparence de justice.»

Symbole emblématique de la crise étudiante, le carré rouge a fait couler beaucoup d'encre au printemps dernier. Le bout de tissu a d'ailleurs semé la controverse à plusieurs reprises, notamment lorsque la ministre de la Culture, Christine St-Pierre, l'a qualifié de symbole d'intimidation et de violence.

Amir Khadir, co-porte-parole de Québec solidaire, dénonce haut et fort cette loi et refuse de se laisser intimider. «Ce n'est pas un règlement, c'est une interprétation abusive d'un règlement. Le DGEQ devrait nous montrer sa combativité à assurer et à protéger le droit de tout le monde, surtout des plus petits, au lieu d'être toujours à l'écoute et sensible aux requêtes de ceux qui déjà abusent de trop grands pouvoirs dans notre système électoral.»

Il ajoute que le carré rouge n'est pas un symbole ostentatoire d'un parti politique. Il témoigne plutôt d'un «signe social et général qui a traversé notre société».

Selon Jean-Martin Aussant, chef d'Option nationale, la directive 26 ressemble grandement aux règles déjà mises en place par le DGEQ. Comme les signes politiques sont déjà interdits dans les bureaux de scrutin, il est normal que le carré rouge le soit aussi. «Dans la tête des gens, je pense que le carré rouge distingue clairement deux partis des trois autres. Ce serait donc une sorte d'identification politique le jour du vote.»