Il faut s'attendre à des interventions «positives» de Françoise David au débat des chefs, a avancé samedi son collègue Amir Khadir. Et si cet exercice permettra à la candidate de jouir d'une visibilité qui pourrait favoriser son élection dans Gouin, elle s'y prête pour faire la promotion des valeurs de l'équipe de députés solidaires et non pour assouvir ses ambitions personnelles, a assuré le député de Mercier.

Mis à jour le 18 août 2012
Mélanie Marquis LA PRESSE CANADIENNE

À la veille de cette importante joute oratoire diffusée à heure de grande écoute - la seule à laquelle Québec solidaire (QS) a été conviée -, Amir Khadir a signalé qu'en plus de faire la promotion des valeurs du parti, sa complice se présentera au lutrin comme «grande figure nationale» et «comme grande leader sociale d'importance».

Mme David, qui s'est retirée de la campagne active depuis vendredi afin de préparer ce débat, «va là pour que plus de Québécois qui ne nous connaissent pas encore, parce qu'on est jeunes, puissent saisir qu'il y a une alternative et qu'ils ne sont pas condamnés à voter uniquement pour les vieux partis», a-t-il expliqué.

La stratégie prônée par QS ne repose pas sur les attaques, a poursuivi M. Khadir. Interrogé à savoir si Pauline Marois pourrait être tentée de confronter la représentante d'une formation qui lui gruge des appuis, Amir Khadir n'a toutefois pu s'empêcher de décocher une flèche à l'endroit de la chef péquiste.

«Je pense que Mme Marois devrait se concentrer elle aussi à présenter les propositions positives, mais aussi à expliquer un certain nombre de contradictions qui font très mal au PQ, sur l'amiante, sur le pétrole à Anticosti ou sur l'incapacité de défendre énergiquement le mouvement étudiant», a-t-il tranché.

Le choix d'envoyer Françoise David au créneau en a surpris quelques-uns, puisque c'est M. Khadir qui a l'habitude d'en découdre avec Jean Charest et Pauline Marois au Salon bleu. Depuis qu'il a été élu, en 2008, le député est sur toutes les tribunes et tire habilement son épingle du jeu à titre de seul représentant de QS à l'Assemblée nationale.

Mais il y a quelques années déjà que les instances du parti l'ont désignée comme oratrice. Il a été décidé à l'unanimité, selon le procès-verbal du deuxième Conseil national de la formation politique, en novembre 2007, qu'«advenant le cas où Québec solidaire forme le prochain gouvernement, Françoise David agisse comme première ministre».

«C'est tout à fait logique que ce soit la présidente du parti qui participe au débat des chefs», a résumé le responsable des communications de QS, David Dubois, qui rappelle que Mme David aurait pris part au débat lors des élections en 2008 si le Consortium des radiodiffuseurs le lui avait permis.

Il ne s'agit donc pas d'une décision ponctuelle ayant pour objectif de permettre à la candidate de ravir enfin le siège de son rival, le péquiste Nicolas Girard, en selle depuis huit ans dans la circonscription montréalaise de Gouin.

Mme David est engagée dans une lutte très serrée avec le candidat du Parti québécois, et elle espère enfin l'emporter après deux tentatives infructueuses, en 2007 et en 2008.

Si Nicolas Girard reconnaît que son adversaire pourrait tirer profit de sa présence au débat des chefs, il dit ne pas s'en formaliser outre mesure.

Il reconnaît être «déçu» que QS ait choisi de lui opposer une tête d'affiche dans une circonscription qu'il qualifie de «progressiste», mais assure que tout va pour le mieux depuis le début de la campagne électorale.

Et d'après lui, une présence à cette soirée n'est pas forcément un gage de succès. «Regardez Jean Charest», dont le siège pourrait aussi être en péril selon certains sondages, a illustré le député sortant de Gouin.