En cette journée de déclenchement des élections, les deux fédérations étudiantes lancent une campagne pour inciter les jeunes électeurs à aller voter. Si elles se gardent d'appuyer un parti, elles invitent cependant la population à «changer de gouvernement».

Mis à jour le 1er août 2012
Catherine Handfield LA PRESSE

«On reste apartisans (sic), mais on ne reste pas apolitiques, a dit la présidente de la Fédération étudiante universitaire du Québec, Martine Desjardins, lors d'une conférence de presse à Montréal. Les libéraux, évidemment, on invite les gens à ne pas voter pour eux.»

À ses yeux, la Coalition avenir Québec (CAQ) de François Legault est «encore pire».

Les jeunes «sauront pour quel parti voter: un parti qui représente leurs valeurs et leurs opinions», a pour sa part indiqué Éliane Laberge, présidente de la Fédération étudiante collégiale du Québec (FECQ).

Pour inciter les électeurs de 18 à 34 ans à voter, la FEUQ et la FEUQ ont mis en ligne un site web (www.votons.net) qui fera le point sur les enjeux, expliquera les programmes électoraux des partis et annoncera les événements à venir. Les fédérations entendent également utiliser les médias sociaux pour arriver à leurs fins.

«Lorsque les jeunes ne vont pas voter, le gouvernement ne les écoute pas», a dit Éliane Laberge. L'objectif des fédérations est de faire passer le taux de participation des 18-34 ans, qui a été de 45% en 2008, à 65% cette année.

En plus de la stratégie internet, les fédérations iront «sur la route» pour exhorter les jeunes à exercer leur droit de vote. Elles ont déjà ciblé plusieurs circonscriptions où la victoire libérale a été serrée aux élections de 2008.

Leur campagne, qui a pour thème «Faire la différence», vise également à «rappeler le bilan désastreux» du gouvernement libéral de Jean Charest. «Tous sauront se rappeler qu'on a rarement connu au Québec un gouvernement aussi fermé d'esprit, aussi irresponsable et aussi méprisant de sa jeunesse», a lancé Éliane Laberge.

Enfin, les fédérations distribueront une série d'affiches pour promouvoir leurs revendications, qui touchent, en plus l'accessibilité des études, l'éthique dans les partis politiques, l'environnement, l'économie et l'emploi.

La FEUQ et la FECQ promettent de faire campagne dans le respect de la loi électorale, qui interdit à toute personne morale - associations étudiantes comprises - d'engager des dépenses à des fins partisanes. Les fédérations ont d'ailleurs rencontré l'équipe du Directeur général des élections du Québec il y a deux semaines pour discuter de leur marge de manoeuvre.

La FEUQ et la FECQ réuniront leurs associations membres vendredi pour régler les derniers détails de la campagne et adopter une plateforme de revendications, qui sera dévoilée dimanche.

Pour l'instant, elles ne donnent pas de mot d'ordre à leurs membres quant à la reconduction de la grève. Elles les laisseront décider en assemblée générale en espérant que le tout se déroulera de façon «pacifique».

S'il y a du grabuge à la rentrée, les libéraux ne risquent-ils pas de récupérer ces incidents à des fins électorales? «Personne n'est dupe, a répondu Martine Desjardins. On a déjà compris que la loi 12 (la loi qui limite le droit de manifester et prévoit les modalités de la rentrée, NDLR) a été mises de l'avant dans le cadre d'une campagne électorale.»