L'Alberta est un château fort conservateur depuis des années, et il y a peu de chances que le scrutin qui approche y change quoi que ce soit, selon des observateurs de toutes allégeances.

LA PRESSE CANADIENNE

Même dans les circonscriptions où la lutte est la plus serrée, comme Edmonton-Strathcona et Edmonton-Est, des comtés où le Nouveau Parti démocratique estime avoir ses chances, tout indique que les conservateurs remporteront facilement la victoire le 14 octobre, prédit David Taras, un professeur de l'Université de Calgary.À Calgary, où certains conservateurs se sont fait élire avec une avance de plus de 35 000 voix, des députés sortants semblent avoir délaissé leur campagne électorale pour aller travailler au Québec et en Ontario. Ils n'ont tout simplement pas besoin d'aller faire du porte-à-porte pour s'assurer de la victoire, confiait un conservateur, sous couvert de l'anonymat.

Mais un député conservateur albertain d'expérience, Peter Goldring, met ses collègues en garde contre la tentation de tenir la victoire pour acquise. En politique, il ne faut jamais relâcher la vigilance, affirme-t-il. M. Goldring, qui avait remporté son siège d'Edmonton-Est par 12 000 voix de majorité, a pour adversaire, cette fois, l'ex-leader du NPD albertain, Ray Martin, connu et apprécié des électeurs du comté. Les chances de M. Martin pourraient s'être améliorées quand le candidat libéral a renoncé à l'investiture de son parti à cause d'un voyage d'affaires déjà prévu en Europe.

Edmonton-Strathcona est un autre comté surveillé de près. La néo-démocrate Linda Duncan y avait terminé deuxième au dernier scrutin et se présente à nouveau contre le député Rahim Jaffer, qui a déjà quatre mandats derrière lui. Cette fois, Mme Duncan, qui compte sur l'effondrement du vote libéral, pense que le vent pourrait tourner.

Le professeur Taras souligne que les conservateurs disposent d'une machine incroyablement bien huilée pour «faire sortir le vote».

Selon l'universitaire, à moins d'une coopération entre les libéraux, les néo-démocrates et peut-être le Parti vert, il est fort peu probable que les conservateurs soient délogés de l'Alberta dans un proche avenir. Si l'opposition était unifiée, ou si tout le monde s'alignait derrière un des candidats de l'opposition, alors les choses pourraient tourner différemment, dit-il.