En deux heures de débat avec des adversaires politiques, lundi, le ministre fédéral de l'Agriculture et de l'Agroalimentaire, Gerry Ritz, a réussi à ne jamais mentionner directement la crise de la listériose.

LA PRESSE CANADIENNE

Le ministre, dont plusieurs réclament la démission, a quitté les lieux du débat par une porte arrière pour éviter d'avoir à s'adresser aux journalistes.L'éclosion de listériose, qui a fait jusqu'à présent 19 victimes au pays, est reliée à des produits de viande prêts-à-manger d'une usine des Aliments Maple Leaf à Toronto.

Pendant le débat, le porte-parole libéral en matière d'agriculture, Wayne Easter, a reproché au ministre de se préoccuper davantage de l'impact politique de l'éclosion que de la santé et la sécurité des Canadiens.

M. Ritz a fait valoir que les conservateurs ont annulé des compressions au secteur de la sécurité alimentaire imposées par les libéraux, ajouté 113 millions $ au budget de l'Agence canadienne d'inspection des aliments et embauché 200 nouveaux inspecteurs.

Le ministre s'est retrouvé sur la sellette après avoir fait des plaisanteries au sujet de la listériose et pour avoir semblé plus préoccupé par l'impact politique potentiel de cette crise, au cours d'une conférence téléphonique avec des responsables le mois dernier.

Au cours du débat, commandité par la Fédération canadienne de l'agriculture, M. Easter a accusé directement M. Ritz de privilégier la stratégie politique à la santé des Canadiens.

«Ils ont fait tout ce qu'ils ont pu depuis le début de la crise de la listériose pour enterrer l'enjeu», a soutenu M. Easter.

Le porte-parole en matière d'agriculture du Nouveau Parti démocratique (NPD), Tony Martin, a affirmé pour sa part que le ministre conservateur avait adopté une approche fuyante parce qu'il n'avait rien à dire pour excuser l'«attitude cavalière» du gouvernement face à la crise de la listériose.

M. Easter a aussi accusé le gouvernement de remettre la responsabilité des inspections dans les mains de l'industrie, une approche qui confirme selon lui le dégoût des conservateurs pour l'intervention étatique.

«Le fait est, monsieur le ministre, que vous abdiquez la première responsabilité du gouvernement de protéger la santé des Canadiens et d'assurer leur sécurité», a-t-il déclaré.