Les retombées possibles de la crise financière aux Etats-Unis ont poussé le chef du Nouveau Parti démocratique (NPD), Jack Layton, à souhaiter une rencontre de tous les partis fédéraux, une requête qui a rapidement été rejetée par le chef conservateur, Stephen Harper.

LA PRESSE CANADIENNE

À la suite du rejet par la Chambre des représentants américaine du plan de sauvetage de 700 milliards $ pour stabiliser le système bancaire des Etats-Unis, M. Layton, craignant le pire pour le Canada, a demandé lundi à M. Harper de convoquer une réunion multipartite afin de discuter des mesures à prendre.«Pour les citoyens, regardant ce qui arrive dans les marchés par exemple, ils pensent à leur futur économique, ils veulent savoir que tous les leaders se préoccupent de ça, a expliqué M. Layton, en point de presse à Edmonton. Oui, on a eu différentes approches dans les programmes électoraux, mais de temps en temps, quand on a une situation comme ça, on doit se réunir.»

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Depuis le début de la campagne, M. Layton ne cesse de répéter qu'il se préoccupe du sort de la classe moyenne, de ses économies, de ses emplois. Il tente aussi de faire oublier l'image d'un parti relégué dans l'opposition éternelle en se présentant comme un sérieux candidat au poste de premier ministre.

Mais la proposition du chef néo-démocrate est rapidement tombée à plat. L'entourage de M. Harper a balayé du revers de la main l'idée d'une rencontre entre tous les chefs des partis.

«Nous sommes dans une période d'instabilité économique mondiale et c'est très important que ce débat ait lieu en public, pour que les Canadiens puissent choisir pour eux-mêmes et non pas derrière des portes closes», a fait valoir le porte-parole de M. Harper, Dimitri Soudas.

Les libéraux ont aussi déclaré qu'une réunion au sommet des leaders n'était pas adéquate, que la réponse devait venir des plateformes électorales.

L'économie, à cause de la situation actuelle, s'est imposée dans la campagne électorale en cours, au point d'en devenir un thème majeur. Pas une journée ne se passe sans que le chef conservateur ne rappelle que les temps sont incertains et que ce serait courir un risque que de faire confiance au Parti libéral.

«Nos politiques sont claires, abordables et crédibles», a martelé M. Harper, lors d'un point de presse à Ottawa, quelques heures avant l'annonce de l'échec du plan de sauvetage américain.

De leur côté, les libéraux rétorquent que les conservateurs sont les pires pour gérer les crises.

C'est d'ailleurs ce qu'a déclaré encore une fois le chef libéral, Stéphane Dion, lundi.

«Les partis de droite, les gouvernements conservateurs, toujours gèrent mal l'économie, a lâché M. Dion, qui faisait campagne à Ottawa. S'il y a un secteur économique qui est mal réglementé, c'est bien le système bancaire américain, et c'est la même idéologie que partage M. Harper, une méfiance envers le rôle réglementaire des gouvernements.»