Les quatre partis représentés à la Chambre des communes ne mettront pas des bâtons dans les roues à la chef du Parti vert, Elizabeth May, pour l'empêcher de participer aux débats des chefs qui auront lieu dans le cadre des élections du 2 mai.

Mis à jour le 29 mars 2011
Joël-Denis Bellavance LA PRESSE

Des stratèges du Parti libéral, du Parti conservateur, du NPD et du Bloc québécois interrogés par La Presse ont affirmé qu'il incombe au consortium des réseaux de télévision de décider si Mme May peut participer aux joutes oratoires.

Marc Roy, stratège libéral, a indiqué que le Parti libéral livre une bataille pour faire respecter les principes de la démocratie canadienne durant la présente campagne électorale.

«Nous avons déposé une motion de censure au Parlement parce que M. Harper ne respectait pas la démocratie. Alors, nous croyons que plus nos élections sont démocratiques et ouvertes, plus cela profitera aux électeurs pour faire leur choix. Nous ne sommes donc pas opposés à ce que Mme May participe aux débats. Cela dit, la décision revient au consortium des médias», a dit M. Roy.

Carl Vallée, stratège conservateur, a aussi indiqué que le consortium des médias devra trancher sur la participation de Mme May aux joutes télévisées.

Au Bloc québécois, Claude Potvin a affirmé que son parti se ralliera à la décision du consortium. Quant au NPD, un stratège qui a requis l'anonymat a dit que son parti n'avait pas d'opinion sur cette question. Toutefois, il a fait valoir que Mme May ne fait pas une campagne nationale et que son parti ne détient aucun siège à la Chambre des communes.

En 2008, Mme May avait dû livrer une dure bataille pour se faire inviter à ces débats. Le consortium des médias avait d'abord décidé d'exclure Mme May après que le chef conservateur, Stephen Harper, et le leader du NPD, Jack Layton, eurent menacé de boycotter les débats si la leader du Parti vert y était admise.

MM. Harper et Layton estimaient à l'époque que Mme May n'avait pas sa place parce qu'elle avait conclu une alliance stratégique avec le chef libéral de l'époque, Stéphane Dion, et que son parti n'avait pas encore fait élire de député à la Chambre des communes.

En vertu de cette alliance, le Parti libéral acceptait de ne présenter aucun candidat dans la circonscription où Mme May briguait les suffrages (Central Nova, en Nouvelle-Écosse), pour augmenter ses chances de vaincre le ministre Peter MacKay. En échange, le Parti vert n'alignait aucun candidat contre Stéphane Dion dans sa circonscription de Saint-Laurent-Cartierville.

MM. Harper et Layton avaient toutefois changé leur fusil d'épaule après avoir subi la pression de nombreux Canadiens d'un bout à l'autre du pays. Après leur volte-face, le consortium des médias avait ouvert toute grande la porte à Mme May.

À l'époque, Mme May avait pu invoquer le fait qu'un député indépendant, Blair Wilson, s'était joint à son parti quelques jours avant le déclenchement des élections. M. Wilson avait été élu sous la bannière libérale en 2006, mais il avait été expulsé du caucus pour une question de fraude.

Cette année, Mme May brigue les suffrages dans la circonscription de Saanich-Gulf Islands, en Colombie-Britannique. Elle affronte le ministre d'État aux Sports, Gary Lunn.

Selon des informations obtenues par La Presse, l'organisation des débats s'annonce compliquée pour les principaux réseaux de télévision. D'abord, certains réseaux présentent les derniers épisodes de leurs émissions populaires durant les heures de grande écoute en avril. Dans le cas de la CBC, les séries éliminatoires se mettront en branle à partir de la mi-avril, ce qui devrait coïncider avec les débats de la mi-campagne.