Depuis le début de la pandémie, les inscriptions à l’université ont enregistré, dans l’ensemble, une légère hausse. Et malgré la déferlante Omicron, les établissements prévoient qu’elles se maintiendront pour le trimestre d’hiver. Ce qui leur permet de croire, après deux années atypiques, qu’ils ont échappé au pire.

Publié le 28 janvier
Léa Carrier
Léa Carrier La Presse

Malgré les campus désertés dans la foulée de la cinquième vague, les étudiants ont été globalement aussi nombreux à s’inscrire au trimestre d’hiver qu’aux précédents. Certains établissements s’attendent même à observer une hausse des inscriptions, d’après les résultats préliminaires de six universités récoltés par La Presse.

« C’était très difficile d’anticiper [les inscriptions cet hiver]. La crainte d’Omicron est très réelle et imprègne toute notre société. Mais la lumière au bout du tunnel est là. Je pense que les étudiants sont au rendez-vous et sont capables de voir que les choses vont reprendre », remarque la rectrice de l’Université Laval, Sophie D’Amours.

Et de fait, son université prévoit une augmentation de 3,9 % des inscriptions, en date de la mi-janvier, par rapport au nombre recensé à pareille date l’an dernier.

PHOTO YAN DOUBLET, ARCHIVES LE SOLEIL

La rectrice de l’Université Laval, Sophie D’Amours

Polytechnique Montréal a enregistré cet hiver son plus grand nombre d’inscriptions depuis toujours. « On est à 2,6 % au-dessus de notre meilleur hiver, qui était celui de l’an dernier. On est aussi en augmentation par rapport à l’automne dernier », souligne Pierre Baptiste, directeur par intérim des affaires académiques et de l’expérience étudiante.

À l’Université McGill, on ne s’attend pas à des changements majeurs. Les étudiants sont « au rendez-vous » cet hiver, remarque l’Université du Québec à Montréal (UQAM), qui observe une « relative stabilité » des inscriptions depuis 2019.

Ç’a été deux années très éprouvantes pour tout le monde, mais le système universitaire s’est finalement quand même très bien adapté.

Fabrice Labeau, premier vice-principal exécutif adjoint aux études et à la vie étudiante de l’Université McGill

De son côté, l’Université Concordia s’attend à des chiffres un peu plus faibles que l’hiver dernier, qui étaient exceptionnellement en hausse, mais pas très différents des années précédentes. Par ailleurs, la majorité des universités contactées par La Presse n’ont pas rapporté de fluctuation importante dans les taux d’abandon et les taux d’échec.

L’Université de Sherbrooke observe pour sa part une baisse des inscriptions. « Il s’agit de données très préliminaires pour l’hiver 2022 », précise l’administration.

Moins d’étudiants au premier cycle

Les résultats préliminaires de l’hiver 2022 s’inscrivent dans la tendance observée depuis le début de la pandémie. À l’automne 2021, les inscriptions totales avaient augmenté de 0,6 % par rapport au trimestre d’automne de l’année précédente, qui avait lui-même été marqué par un gain annuel de 1,3 %, selon les données préliminaires recueillies par le Bureau de coopération interuniversitaire (BCI).

La hausse des inscriptions s’explique en grande partie par la croissance marquée du nombre d’étudiants à temps partiel et aux cycles supérieurs. À l’inverse, l’effectif étudiant au premier cycle a diminué de 1 %.

Les résultats varient d’une université à l’autre. Et les hypothèses pour les expliquer aussi. L’Université de Montréal, qui a constaté une baisse de 2,4 % du nombre d’étudiants inscrits au premier cycle à l’automne dernier, explore plusieurs pistes d’explication.

« Une de nos hypothèses est celle que certains étudiants ont décidé de repousser de quelques mois leur entrée à l’université le temps que la situation revienne plus à la normale. La pénurie de main-d’œuvre que nous vivons en ce moment a peut-être motivé certains à tenter leur chance sur le marché du travail et à attendre que la pandémie s’essouffle avant de s’inscrire à l’université », avance la porte-parole de l’établissement, Geneviève O’Meara.

PHOTO EDOUARD PLANTE-FRÉCHETTE, ARCHIVES LA PRESSE

L’Université de Montréal a enregistré une baisse des inscriptions au premier cycle à la session d’automne dernier.

Après avoir chuté de 8,3 % entre 2019 et 2020, le nombre de personnes inscrites pour la première fois dans une université au premier cycle à temps plein a remonté de 2,5 % en 2021. « Ce qui augure bien pour le nombre total d’inscriptions des prochaines années », souligne le BCI.

Favoriser le recrutement

L’UQAM travaille actuellement à un plan d’action pour favoriser le recrutement, après que les inscriptions au premier cycle à l’automne 2021 ont chuté de 8 %, selon les données préliminaires rapportées par le BCI. La baisse a été plus importante chez les étudiants à temps partiel et inscrits aux certificats, mais a été moindre chez les nouveaux inscrits.

« Dès que le marché du travail se stabilise, est en croissance ou se diversifie, l’impact [sur ces étudiants] a toujours été plus important à l’UQAM, historiquement parlant. Et c’est encore ce qui s’est produit à l’automne », explique la rectrice, Magda Fusaro.

La dernière année a aussi été marquée par le retour des étudiants internationaux. À l’automne 2021, leur effectif a bondi de 12,4 %, après avoir connu une baisse de 8,6 % en 2020. « Nos étudiants internationaux se sont démenés pour arriver au Québec et ils sont effectivement de retour en personne », se réjouit Fabrice Labeau, de l’Université McGill.