Le ministre de l’Éducation, Jean-François Roberge, est intervenu pour qu’un enseignant à qui on refusait de reporter un congé puisse rester en classe avec ses élèves jusqu’à la fin de l’année scolaire.

Publié le 25 janvier
Marie-Eve Morasse
Marie-Eve Morasse La Presse

La Presse rapportait mardi l’histoire d’André Langevin, enseignant dans une école primaire de Montréal, qui avait tenté sans succès de repousser un congé de plusieurs mois qu’il avait planifié il y a cinq ans.

« À la lecture de cet article [mardi] matin, j’ai immédiatement demandé à mon ministère de collaborer avec le CSSDM pour trouver une solution. Je viens d’apprendre à l’instant que M. Langevin pourra continuer de donner sa classe », a écrit le ministre Roberge sur Twitter, mardi soir.

Bien avant la pandémie, André Langevin avait décidé de prendre un congé sabbatique à traitement différé : on allait prélever de ses paies une somme qui lui permettrait de prendre un congé payé quelques années plus tard.

À l’automne, voyant la situation dans les écoles s’aggraver, notamment la pénurie de personnel, l’enseignant de 4année s’est inquiété de laisser ses élèves sans remplaçant pendant plusieurs mois. Il a contacté le Centre de services scolaire de Montréal (CSSDM) pour demander qu’on reporte son congé, ce qui lui a été refusé.

Le report de ce congé était un cas « mur à mur de bureaucratie plate », avait déploré l’enseignant. Le CSSDM citait une « disposition légale » pour expliquer son refus.

« Les congés différés sont conventionnés avec un contrat de congé à traitement différé. Il faudrait annuler le congé et faire une autre demande », a dit son porte-parole Alain Perron.

À la suite de la parution de l’article, des enseignants d’autres centres de services scolaires ont confié à La Presse s’être retrouvés dans la même situation au cours des dernières années.

« En 2020, quand la pandémie a commencé et que les écoles ont fermé, je venais de commencer un congé. J’ai proposé à la direction de l’annuler pour m’occuper de l’école en ligne. Je connaissais les élèves et la situation était très stressante. On a tout de même refusé que je revienne et on a laissé cette lourde responsabilité à une jeune suppléante qui était encore à l’université », relate une enseignante.

A contrario, d’autres enseignants du CSSDM disent avoir pu annuler ce congé – avec remboursement – sans problème.