Dans les 10 régions où la COVID-19 est particulièrement présente, des dizaines de milliers de tests rapides seront déployés à grande échelle au cours des prochains jours. Arrivés tardivement, sauront-ils corriger le tir dans un réseau scolaire déjà lourdement touché, avec 1791 élèves et 175 membres du personnel actuellement infectés ?

Louise Leduc
Louise Leduc La Presse

Au total, 155 000 tests sont destinés aux écoles primaires des régions les plus touchées. Depuis la mi-septembre, 51 écoles de Saint-Michel, Parc-Extension et Montréal-Nord, à Montréal, de même que de Chomedey, à Laval, ont commencé à faire les tests. Dans certaines écoles de l’Outaouais, la pratique est aussi bien installée.

Au Centre de services scolaire de Montréal, de même que du côté des syndicats (qui réclamaient ces tests depuis des mois), on nous dit que cela se passe bien.

« C’est une charge de travail de plus, mais le bilan est positif jusqu’ici », relève Éric Gingras, président de la Centrale des syndicats du Québec.

Il indique que c’est le personnel de soutien – les techniciennes en éducation spécialisée, les éducatrices, etc. – qui administre les tests, et ce, après avoir suivi une courte formation et en étant adéquatement protégé.

Ces tests faits sur les élèves sont nettement moins invasifs que ceux qu’ont subis les Québécois jusqu’à maintenant, l’écouvillon entrant à peine dans le nez.

Les parents ont rempli ces derniers temps un formulaire dans lequel ils étaient appelés à dire s’ils étaient d’accord avec l’idée que de tels tests soient faits. Si leur enfant subit un test, ils seront avisés du résultat par lettre, qu’il soit positif ou négatif. Mais si le test est positif, l’enfant sera immédiatement isolé, et les parents devront aller le chercher.

Des tests qui changent la donne

Benoit Mâsse, chef de l’Unité de recherche clinique appliquée au CHU Sainte-Justine et professeur de santé publique à l’Université de Montréal, appelait depuis des mois de tous ses vœux de tels tests rapides dans les écoles, disant même à La Presse que cela changerait la donne, que ce serait un « game changer ».

Il le croit toujours, en principe, « mais on commence en retard. L’infection dans les écoles va se poursuivre tout l’automne. Ce n’est qu’une question de temps pour que les écoles qui n’ont pas encore eu d’éclosions en aient ».

M. Mâsse fait observer que les autorités publiques se montrent frileuses ici par rapport aux tests rapides. Beaucoup plus que la Grande-Bretagne, par exemple, où ces tests sont largement distribués dans la population.

« Je crois comprendre que la Santé publique au Québec craint que les personnes associent un test rapide négatif à une preuve de non-infection », dit-il.

Seul le test PCR peut en effet confirmer une infection, mais les tests tels que ceux qui sont distribués dans les écoles ont l’intérêt de déterminer les personnes qui sont contagieuses maintenant.

Le test PCR, lui, est si sensible que même une personne non contagieuse (après avoir fait la maladie plusieurs jours plus tôt) peut continuer de recevoir un résultat positif.

En entrevue à La Presse mardi, le ministre de l’Éducation, Jean-François Roberge, a dit, lui, que cette rentrée automnale se passe beaucoup mieux que celle de janvier. « On est dans une meilleure position. »

Les tests rapides ont été envoyés dans les divers centres de services scolaires au début de la semaine du 30 août, indique le bureau de M. Roberge.

Kathleen Legault, présidente de l’Association montréalaise des directions d’établissement scolaire, craint que la réalisation des tests ajoute de la pression au personnel déjà débordé. Elle croit que des « incitatifs financiers » devraient être mis en place.

Idem pour Sylvain Mallette, président de la Fédération autonome de l’enseignement. « La majorité des profs se réjouissent de la mise en place des tests rapides dans les écoles afin de freiner les éclosions et les fermetures, mais ils auraient souhaité que cette mesure soit accompagnée de ressources additionnelles pour administrer les tests. »

1245

Nombre d’écoles comptant un ou des cas positifs rapportés avec diagnostic depuis le 23 août 2021

860

Nombre d’écoles comptant un ou des cas positifs actifs

2

Nombre d’écoles fermées ou partiellement fermées

Source : Québec.ca, en date du mardi 28 septembre

Appel à tous

Y a-t-il eu un cas positif de COVID-19 dans la classe de votre enfant depuis la rentrée 2021 ? L’école a-t-elle pu vous donner des indications claires pour la marche à suivre ? Votre enfant a-t-il dû s’isoler ?