Les 11 000 travailleurs des Centres à la petite enfance (CPE) affiliés à la CSN ont déclenché une première journée de grève vendredi partout au Québec.

Éric-Pierre Champagne
Éric-Pierre Champagne La Presse

Ces employés, en grande majorité des femmes, réclament une amélioration de leurs conditions de travail. Alors que la convention collective est échue depuis plus de 18 mois, les négociations achoppent principalement sur la question des salaires.

Les négociations pour le renouvellement des conventions collectives dans les CPE concernent plusieurs organisations syndicales, à la CSN, à la CSQ et à la FTQ.

Vendredi, ce sont les syndiquées de la CSN qui ont exercé la première de leurs 10 journées de grève prévues.

Les éducatrices en CPE demandent la parité avec les techniciennes en service de garde scolaire. Celles-ci ont droit à un salaire de 29,05 $ l’heure au dernier échelon salarial. À l’heure actuelle, le salaire d’une éducatrice en CPE est de 19 $ l’heure au premier échelon et de 25 $ l’heure au 10e et dernier échelon. Or, la dernière proposition du gouvernement du Québec, déposée en juillet dernier, ferait passer le salaire maximal des éducatrices de 25,15 $ à 28,26 $ l’heure.

« Le gouvernement Legault doit arriver avec des offres raisonnables, plutôt que d’essayer de presser le citron encore plus et de risquer de pousser vers la sortie les travailleuses et les travailleurs qui tiennent le réseau à bout de bras », a indiqué Lucie Longchamps, vice-présidente de la Fédération de la santé et des services sociaux, affiliée à la CSN.

Selon le syndicat, les CPE font face à une pénurie de main-d’œuvre et la relève se fait rare alors que la technique en service de garde attire de moins en moins d’élèves.

Les travailleuses des CPE affiliées à la CSN ont adopté à 97 % récemment un mandat 10 journées de grève, dont les dates n’ont pas été déterminées.

Celles de la CSQ se sont prononcées en faveur d’un mandat de six journées de grève, mais elles n’ont pas encore annoncé quand au juste elles débraieront. Leur fédération dit préférer donner toutes ses chances à la négociation.

Quant à celles qui sont membres du Syndicat québécois des employés de service, affilié à la FTQ, elles vont se prononcer bientôt sur un mandat de grève.

Mardi dernier, la présidente du Conseil du trésor, Sonia LeBel, a rencontré les présidents des centrales syndicales afin de leur demander d’intensifier les négociations.

Des dates de négociations additionnelles ont été planifiées depuis, a indiqué une des organisations concernées. La prochaine rencontre de négociation est prévue le 7 octobre.

Les dernières offres gouvernementales avaient été déposées en juillet. Les parties espèrent pouvoir régler d’ici la fin de l’année.

Les principaux points en litige sont les salaires et le cas des travailleuses qui viennent en soutien aux éducatrices, comme les préposés à l’entretien, les éducatrices spécialisées et autres.

Les syndicats ont également des revendications en ce qui a trait aux moyens qui leur sont donnés pour s’occuper des enfants ayant des besoins particuliers.

Avec La Presse Canadienne