(Québec) Alors que la rentrée scolaire n’aura encore une fois rien de normal cette année, le Québec entrant dans une quatrième vague de la pandémie, Christine Labrie craint qu’une « pénurie de personnel » dans les écoles ne nuise à la stabilité des enfants en classe.

Hugo Pilon-Larose
Hugo Pilon-Larose La Presse

Mme Labrie, qui est porte-parole de Québec solidaire en matière d’éducation, a envoyé cette semaine une lettre au ministre de l’Éducation, Jean-François Roberge, pour lui faire part de son inquiétude.

« La pénurie de personnel s’accentue, de sorte qu’il n’est pas certain que tous les élèves pourront commencer l’année avec un titulaire stable, être accompagnés de professionnels et de personnel de soutien pour relever leurs défis, ou encore avoir accès au service de garde », soutient-elle.

Dans une réponse à une demande d’accès à l’information envoyée par Québec solidaire, le ministère de l’Éducation affirme qu’il ne dispose pas de documents permettant de déterminer l’ampleur des effectifs enseignants nécessaires pour les dix prochaines années au primaire et au secondaire. Le Ministère invite aussi l’équipe de Christine Labrie à contacter les centres de services scolaires, qui sont les employeurs des enseignants, alors que celle-ci demande de connaître le nombre de départs à la retraite anticipés pour la prochaine décennie au primaire et au secondaire.

Selon la députée solidaire, « il y a de quoi se demander si le ministère de l’Éducation se sent concerné par la pénurie de personnel, ou s’il se contente de pelleter le problème dans la cour des centres de services », écrit-elle au ministre Jean-François Roberge.

PHOTO YAN DOUBLET, ARCHIVES LE SOLEIL

Christine Labrie, porte-parole de Québec solidaire en matière d’éducation

« Les conséquences de cette pénurie sont pourtant bien réelles, et cela compromet notre réponse aux besoins des élèves et des équipes-écoles, tant au niveau de l’enseignement, des services pour élèves à besoins particuliers, du service de garde, de l’entretien ou de la surveillance du dîner », poursuit Mme Labrie.

Jeudi, la Fédération du personnel de soutien scolaire a affirmé que la pénurie de personnel s’était accentuée dans la dernière année dans les écoles de la province. Selon son président, Éric Pronovost, cette pénurie toucherait en particulier les services de garde en milieu scolaire et les techniciennes en éducation spécialisée.

La députée Christine Labrie affirme aussi que l’enjeu de la rétention des enseignants est toujours criant dans le réseau scolaire, alors que 1200 membres du corps enseignant ont démissionné au Québec en 2019-2020, selon la plus récente donnée transmise par le ministère de l’Éducation.