(Montréal) Québec pose une condition au retour des élèves des cégeps et des étudiants des universités sur les campus : à l’automne, ceux-ci pourront être en classe sans distanciation s’ils sont complètement vaccinés dans une proportion de 75 %.

Marie-Eve Morasse
Marie-Eve Morasse La Presse

« Que ce soit dans les salles de classe ou dans les espaces communs, les étudiants pourront se retrouver à moins d’un mètre les uns des autres », a déclaré la ministre de l’Enseignement supérieur, Danielle McCann, en point de presse lundi.

Pour que le « plan fonctionne », les « conditions épidémiologiques » devront elles aussi être « stables », a ajouté la ministre, qui a exhorté les étudiants à aller se faire vacciner.

« Le réseau se prépare, mais la suite des choses, c’est vraiment entre vos mains. La rentrée en présentiel dépend du succès de la campagne de vaccination dans votre groupe d’âge, les 16 à 29 ans », a-t-elle déclaré. Un appel relayé tant par la Fédération des cégeps que par l’Union étudiante du Québec, qui représente les étudiants universitaires.

Un plan de repli

Un « plan de repli » devra toutefois être préparé par les cégeps et universités, au cas où la distanciation physique devrait être ramenée à un mètre parce que la couverture vaccinale n’est pas suffisante ou que les cas de COVID-19 augmentent.

  • Progression de la vaccination au Québec

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  • Progression de la vaccination au Québec, par groupe d’âge

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  • Couverture vaccinale au Québec

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    Couverture vaccinale au Québec

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La session d’automne commence dans quelques mois seulement, et dans ce contexte, refaire les horaires et préparer un plan au cas où la situation se détériore sera « beaucoup de travail », a reconnu la ministre McCann, qui assure que les établissements d’enseignement supérieur « adhèrent au principe » de ramener les étudiants sur les campus.

PHOTO DAVID BOILY, ARCHIVES LA PRESSE

Danielle McCann, ministre de l’Enseignement supérieur

Je ne dis pas qu’il ne va pas rester des cours qui vont se donner en ligne, mais dans des contextes très spécifiques. En général, on s’en va vers des cours en présentiel.

Danielle McCann, ministre de l’Enseignement supérieur

Dans un message envoyé à la communauté universitaire, le recteur de l’Université de Montréal, Daniel Jutras, en a appelé à la patience des étudiants, observant que « le plan change » et que par conséquent, la plupart des cours doivent maintenant être planifiés en présentiel. Il s’agit, estime le recteur, de « la rentrée la plus désirée de mémoire d’universitaire ».

Pas de bals de finissants

Si les étudiants des niveaux supérieurs avaient de quoi se réjouir, lundi, les élèves qui terminent leur secondaire ont appris qu’ils ne pourront avoir le traditionnel bal de finissants. La Santé publique en a statué ainsi, tout en précisant que les écoles secondaires pourront souligner de manière spéciale la fin de parcours de leurs élèves.

Le concept de bulle-classe devra toutefois être respecté, et ce, partout au Québec, peu importe la couleur de la zone dans laquelle on se trouve.

C’est « par équité » avec le fait que les rassemblements intérieurs dans les domiciles sont interdits que cette décision a été prise, a expliqué en point de presse le directeur national de santé publique, le DHoracio Arruda.

Deuxième dose du vaccin d’AstraZeneca : huit semaines

Le ministre de la Santé, Christian Dubé, a pour sa part clarifié lundi les directives entourant l’administration de la deuxième dose du vaccin d’AstraZeneca. Si certaines personnes ont obtenu leur deuxième dose du vaccin cette fin de semaine au Palais des congrès de Montréal même si huit semaines ne s’étaient pas écoulées depuis leur première dose, « à partir de maintenant, ça va être huit semaines », a dit M. Dubé en conférence de presse.

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Il a expliqué que, selon les experts, ce délai est celui qui offre la meilleure protection. Le ministre affirme avoir « clarifié la situation » lundi matin avec tous les PDG de CISSS et CIUSSS et les responsables de la vaccination à travers le Québec.

Forte tendance à la baisse

La tendance à la baisse dans les nouveaux cas de COVID s’est accélérée au Québec. Au cours de la dernière semaine, la province a recensé 387 cas en moyenne par jour, contre un peu plus de 600 la semaine précédente. C’est une diminution de 37 %. Une forte baisse des hospitalisations a aussi été observée. On recensait en moyenne un peu plus d’une vingtaine d’admissions quotidiennement en raison de la COVID-19, contre une trentaine la semaine précédente.

  • Cas confirmés au Québec

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  • Hospitalisations au Québec

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  • Morts quotidiennes au Québec

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  • Prélèvements réalisés au Québec

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    Prélèvements réalisés au Québec

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Le Québec compte présentement 362 personnes hospitalisées, dont 89 aux soins intensifs. La province a par ailleurs enregistré une baisse des décès depuis une semaine, soit cinq en moyenne par jour. Cette tendance à la baisse se poursuit au moment où la province a franchi le cap des 60 % de sa population ayant reçu au moins une dose de vaccin contre la COVID-19. En comptant les gens ayant reçu deux doses et ceux ayant eu la COVID-19, 6,8 % de la population est jugée « adéquatement vaccinée ».

En conférence de presse lundi, le ministre Dubé a laissé entendre que la vaccination sera offerte sous peu dans certains parcs. Questionné à savoir s’il s’inquiétait de voir les nombreux rassemblements dans des parcs survenus dans les derniers jours, le ministre a dit « comprendre » que la population avait hâte au déconfinement. Mais il rappelle que « pour être capable d’avoir un bon déconfinement et un retour à la normalité en septembre prochain, il faut suivre les consignes sanitaires et il faut aller se faire vacciner ».

Avec Judith Lachapelle, Ariane Lacoursière et Pierre-André Normandin, La Presse

« Très peu » de vaccination à l’école

À une semaine du début de la vaccination en milieu scolaire, la Fédération québécoise des directions d’établissements d’enseignement (FQDE) affirme que « très, très peu » d’élèves se feront finalement vacciner directement à l’école. L’option privilégiée est de transporter les élèves par bulle-classe de l’école à la clinique de vaccination. « C’est vraiment la tendance », indique le président, Nicolas Prévost. Pour une école secondaire de 1500 à 2000 élèves, « on parle d’environ trois jours » d’organisation pour faire vacciner les adolescents en clinique, explique-t-il. La vaccination en milieu scolaire pourra être offerte lorsqu’une école est « très, très éloignée » d’une clinique ou dans les « polyvalentes de 3000 élèves », par exemple. La vaccination est organisée en milieu scolaire lors des semaines du 7 et du 14 juin. La semaine dernière, Québec annonçait la prise de 100 000 rendez-vous chez les 12 à 17 ans. Ce groupe représente quelque 516 000 personnes.

Fanny Lévesque, La Presse