(Québec) Alors que des écoles ont été fermées pendant de longues semaines cette année en raison de la COVID-19, le ministre de l’Éducation, Jean-François Roberge, annonce une série de mesures totalisant 110 millions pour soutenir la réussite éducative. Une partie de cette somme est investie pour la mise sur pied d’activités pédagogiques pendant l’été.

Hugo Pilon-Larose
Hugo Pilon-Larose La Presse

Le gouvernement Legault a conclu un partenariat de 8,8 millions sur deux ans avec le Réseau québécois pour la réussite éducative pour mettre en place des activités pédagogiques, y compris des camps, pendant la période estivale. « Ces activités pour les jeunes constitueront un accompagnement supplémentaire pour soutenir les élèves vulnérables et permettront d’atténuer les impacts négatifs du phénomène de la glissade de l’été », a annoncé M. Roberge jeudi.

Cette « glissade » est plus précisément un recul des acquis qui s’observent chez certains enfants entre la fin des classes et le retour à l’école. « Tous les jeunes ne sont pas égaux face à l’été. Une grande partie d’entre eux vivent des reculs, mais pour certains, ils sont plus importants et peuvent avoir des effets majeurs sur la suite de leur parcours », a expliqué la présidente du Réseau québécois pour la réussite éducative, Andrée Mayer-Périard.

Les activités qui seront coordonnées par le Réseau ne sont pas finalisées à ce jour, a-t-elle précisé, alors que l’entente de collaboration avec le Ministère vient à peine d’être conclue. « Les parents qui ont inscrit des enfants dans les camps municipaux, ceux qui ont déjà fait cette démarche, ils peuvent penser que dans plusieurs de ces camps-là, il y aura des activités ludiques autour de la littératie », a-t-elle précisé.

« Les choix d’activités sont effectués selon les milieux et les besoins des jeunes, par exemple l’animation d’ateliers de lecture, la bibliomobile, des clubs de lecture, un camp de jour avec volet pédagogique, un camp pour adolescents pour aider à la motivation scolaire [et] l’animation d’ateliers permettant une préparation à la transition entre le primaire et le secondaire », a également indiqué Québec par communiqué.

Le retour des épreuves ministérielles

Jean-François Roberge a également annoncé jeudi que le Régime pédagogique québécois serait à nouveau modifié pour l’année scolaire 2021-2022 afin que les élèves aient deux étapes d’une durée similaire, la première ayant une pondération de 40 % et la seconde de 60 %. « L’an prochain, ça ne sera pas une année normale », a déjà prévenu le ministre, qui entend faire le point d’ici la fin de l’année scolaire sur les mesures sanitaires qui seront en place en septembre.

Québec ramène aussi les examens ministériels qui ont été annulés cette année en raison de la pandémie. Leur pondération sera toutefois réduite, passant de 20 % à 10 %. « L’ensemble des épreuves uniques seraient aussi réintroduites pour les 4e et 5e années du secondaire et leur pondération serait également ajustée à 20 % au lieu de 50 %. On vise ainsi un retour progressif à la normale dans le réseau scolaire », a-t-on annoncé jeudi.

Le programme de tutorat maintenu

De l’enveloppe totale de 110 millions consacrée à la réussite en éducation, Québec investit 60 millions pour poursuivre le programme de tutorat mis sur pied cet hiver. Une partie de cette somme, 7,2 millions, « est réservée aux élèves inscrits dans les centres d’éducation pour adultes et de formation professionnelle ». Environ 163 000 élèves bénéficient à ce jour de soutien en tutorat, a indiqué le ministre Roberge.

Le gouvernement dépense également 4,7 millions pour « l’embauche d’agents en soutien » dont le rôle sera d’améliorer le « lien entre l’école et la famille afin de tisser un filet de protection autour des jeunes présentant des facteurs de vulnérabilité ». Jean-François Roberge affirme que ces agents seront intégrés dans un premier temps dans les milieux socioéconomiques défavorisés où étudient des enfants de familles allophones.

Un montant de 19 millions est aussi consacré à « l’embauche de ressources spécialisées, à la libération du personnel à des fins de formation et à l’achat de matériel », alors que 6 millions sont investis pour offrir une sortie éducative à chaque élève du primaire au cours de la prochaine année scolaire.

La présidente de la Fédération des syndicats de l’enseignement (FSE-CSQ), Josée Scalabrini, a salué jeudi certaines mesures annoncées par Québec, notamment les activités pédagogiques qui se tiendront cet été. Mais « les sommes qui sont annoncées, quand on regarde par le nombre d’établissements, c’est une moyenne de 40 000 $ par établissement, a-t-elle dit. Est-ce que c’est assez large ? Il faut se poser des questions ».