(Québec) L’état des écoles a continué de se dégrader depuis l’arrivée au pouvoir de la Coalition avenir Québec, si bien qu’aujourd’hui, 56 % d’entre elles sont vétustes.

Caroline Plante La Presse Canadienne

C’est ce qu’a dû admettre mercredi le ministre de l’Éducation, Jean-François Roberge, lors de l’étude des crédits budgétaires de son ministère.

Il était questionné par la députée Christine Labrie, de Québec solidaire, qui a fait état de vieilles écoles prises avec des « crottes de souris », de « l’eau qui coule » et des « coquerelles dans la machine à café ».

« Honnêtement, c’est un petit peu gênant en ce moment ce que je vous donne comme résultats et le déficit de maintien d’actifs », a reconnu le ministre.

Le pourcentage d’immeubles scolaires jugés en bon état est passé en deux ans de 46 à 44. M. Roberge a assuré qu’il « s’attaquait » au problème.

« En trois ans, on va avoir investi 8,32 milliards. En trois ans, on va avoir investi autant que dans les huit dernières années », a-t-il déclaré.

Mais impossible de rénover plus vite. « Il y a une limite, un moment donné, au marché de la construction, dit-il. On fait un appel d’offres et il n’y a même pas un entrepreneur qui soumissionne. »

Le ministre a été forcé d’admettre que son gouvernement est encore loin de son objectif, qui prévoit que 85 % des écoles seront dans un état satisfaisant en 2021-22.

À défaut d’avoir de belles classes, les enfants du Québec pourront-ils au moins respirer de l’air sain et boire de l’eau propre, ont demandé les oppositions.

Elles faisaient référence au débat épineux sur la qualité de l’air en temps de pandémie et sur le niveau de plomb dans l’eau.

Mercredi, elles ont appris que bien que des tests de CO2 et de plomb eurent été réalisés, aucune date limite n’a été donnée pour que des correctifs soient apportés.

Au chapitre de la qualité de l’air, rappelons que le taux de CO2 se situe en deçà de 1000 ppm dans seulement 51,2 % des 15 000 classes testées.

M. Roberge a dit s’attendre à ce que des travaux soient faits cet été pour améliorer la ventilation.

Pour ce qui est du plomb dans l’eau, « il est quand le deadline pour que tous les points d’eau redeviennent conformes et qu’on n’ait plus besoin de sacs de plastique sur les fontaines ? » a demandé Mme Labrie.

Elle a rapporté que dans un centre de services scolaire de Sherbrooke, 621 points d’eau étaient non conformes : 251 ont été condamnés et dans le cas des 370 autres, il faut laisser couler l’eau une minute.

« Ce qui est sûr, a répondu M. Roberge, c’est que les gens ne consomment plus de l’eau qui est impropre. Je pense que c’est ça qui est la priorité. Mais c’est sûr qu’ensuite, il faut avoir des fontaines d’eau. »

Mme Labrie a invité le ministre à « déterminer » dans les prochains jours une date limite pour faire les réparations et à la « communiquer publiquement » aux centres de services scolaires.