(Québec) Le gouvernement Legault double pour cette année le budget qui est consacré au programme de tutorat destiné aux élèves dont les difficultés d’apprentissage ont augmenté en période de pandémie.

Hugo Pilon-Larose Hugo Pilon-Larose
La Presse

Le ministre de l’Éducation, Jean-François Roberge, en a fait l’annonce mercredi au premier jour d’un sommet qu’il organise avec près de 70 participants du secteur de l’éducation sur la réussite éducative dans les écoles.

Ce programme, dont les balises ont d’abord été annoncées en janvier, était accompagné d’un budget de 11 millions. Québec ajoute donc 11 millions supplémentaires. À ce jour, a indiqué M. Roberge, 9500 tuteurs ont été embauchés, ce qui permet d’aider plus de 76 000 élèves des écoles publiques, ou environ 9 % de la population étudiante de ce réseau.

Selon des données fournies par le ministère de l’Éducation, 8743 tuteurs sont des employés des centres de services scolaires et 715 personnes proviennent de la plateforme « Répondez présents ». Des élèves qui bénéficient de ce soutien, 44 712 sont issus des écoles primaires et 31 476 du secondaire.

Des mesures rapidement

Le ministre de l’Éducation a une fois de plus défendu le huis clos qui est imposé au sommet de mercredi et jeudi en raison de « dizaines » de groupes qui ont manifesté leur préférence pour cette formule. M. Roberge n’a pas indiqué quels groupes avaient fait cette demande, alors que les centrales syndicales et des experts déploraient ces derniers jours le caractère opaque des rencontres.

Québec promet de déposer « dès le mois d’avril » un plan pour augmenter les mesures pédagogiques qui seront offertes dès l’été aux élèves présentant des difficultés d’apprentissage. Le gouvernement n’exclut pas de demander la contribution des camps de jour, comme le proposent des intervenants du milieu de l’éducation. La ministre responsable de ce secteur, Isabelle Charest, sera notamment présente au sommet.

Questionné s’il prévoyait revoir les exigences demandées aux écoles privées subventionnées, quant à l’accueil qu’elles réservent aux élèves ayant des besoins particuliers et des problèmes d’apprentissage, M. Roberge a affirmé que le sommet de cette semaine servait plutôt à se pencher sur « une sortie de crise » de la COVID-19 et « les choses qu’on peut faire dès cet été ».

Vaccination du personnel

En matière de vaccination, le ministre de l’Éducation a affirmé qu’il avait plaidé auprès de la Santé publique pour que tout le personnel de l’éducation (environ 200 000 personnes dans le réseau, incluant environ 100 000 enseignants) soit vacciné en même temps, quand leur tour viendra.

Pour l’instant, a affirmé M. Roberge, Québec ne prévoit pas revoir sa stratégie de retour en classe dans les écoles secondaires. Le gouvernement a annoncé la semaine dernière que les élèves de 3e, 4e et 5e secondaire revenaient sur les bancs d’école en zone rouge dès le 29 mars, cessant l’alternance entre le présentiel et les cours à distance.

Selon le ministre, plusieurs facteurs expliquent la décision du gouvernement de ramener les jeunes en classe. Ayant moins de contacts avec les enfants depuis le début de la pandémie, le nombre de signalements à la Direction de la protection de la jeunesse (DPJ) a diminué, a rappelé le ministre. Cette situation cause de nombreux problèmes pour des enfants qui ont besoin d’aide.

En lien avec un partenariat conclu avec le gouvernement et annoncé au début de l’année, l’organisme Tel-Jeunes a augmenté ses ressources et ses disponibilités pour aider les enfants, augmentant le nombre de visites et de soutien professionnel de 76 %, soit 153 000 visites additionnelles, a dit M. Roberge.

Alloprof, qui a aussi une entente avec Québec, a pour sa part donné jusqu’à présent 1 274 000 sessions d’aide « grâce au partenariat », ce qui représente une hausse de 63 %.