Changement de cap à l’Université d’Ottawa : sans parler nommément du professeur Amir Attaran, le recteur Jacques Frémont condamne ses propos dans une vidéo diffusée mardi.

Louise Leduc Louise Leduc
La Presse

« Le ton, les procédés rhétoriques et la forme outrancière de certains gazouillis publiés ces derniers jours et qui reproduisent les préjugés envers le Québec et les Québécois sont rigoureusement inacceptables. »

Amir Attaran, qui enseigne à la Faculté de droit et à l’École d’épidémiologique de l’Université d’Ottawa, a comparé plus tôt ce mois-ci le Québec à un « Alabama du Nord » qui pratique « le lynchage médical » (en référence à la mort tragique de Joyce Echaquan). À son avis, le Québec est dirigé par un gouvernement de « suprémacistes blancs ».

Après un silence de deux semaines, le recteur Frémont dit maintenant que l’Université d’Ottawa, « comme toutes les autres, doit s’opposer fermement à toute forme de racisme et de discrimination ».

L’Université d’Ottawa lance donc un comité visant à concilier les enjeux relatifs à la liberté académique et la diversité.

Michel Bastarache, ancien juge à la Cour suprême, le présidera.

En entrevue en soirée mercredi, M. Attaran a dit trouver « lâche » la sortie de M. Frémont. « Il a le droit de dire ce qu’il veut, mais je pense qu’il n’est pas correct » que le recteur « se positionne par rapport à des opinions exprimées par les professeurs, à moins que cela entre dans le champ de juridiction de l’université ».

M. Attaran a par ailleurs nié que ses propos aient eu quoi que ce soit de raciste, ajoutant que cela est l’une des choses « les plus stupides » qu’il ait entendues.

Il a aussi précisé s’être exprimé non pas dans une salle de classe, mais sur son compte Twitter personnel.