(Québec) Les principaux syndicats de l’enseignement veulent profiter du sommet sur la réussite éducative pour recentrer l’école québécoise sur ses missions essentielles. Mais pour un nombre important d’enseignants, le lien de confiance envers le ministre de l’Éducation, Jean-François Roberge, semble rompu.

Hugo Pilon-Larose Hugo Pilon-Larose
La Presse

La vice-présidente à la vie professionnelle de la Fédération autonome de l’enseignement (FAE), Nathalie Morel, présente à La Presse les résultats d’un sondage mené auprès de ses membres (2400 répondants), qui indiquent que 81 % d’entre eux ne font « plus confiance au ministre pour mettre en place des mesures satisfaisantes pour la prochaine rentrée scolaire ».

« Cette pandémie est venue mettre les projecteurs sur les maux de l’école publique. Les réponses qu’on a eues sont des réponses d’un jovialisme toxique de la part du ministre, qui a soit nié, maquillé ou enfoui les problèmes », dénonce-t-elle, donnant une idée du ton que pourraient avoir certains échanges lors du sommet qui se tiendra mercredi et jeudi, à huis clos.

« Des choix de société »

La présidente de la Fédération des syndicats de l’enseignement (FSE-CSQ), Josée Scalabrini, estime que le Québec « a des choix de société à faire ».

« Il faudra qu’on se positionne sur ce qu’on veut comme curriculum scolaire. Il faut arrêter d’ajouter plein de choses à ce curriculum au gré du vent et des crises sociales », dit-elle à La Presse.

PHOTO MARTIN CHAMBERLAND, ARCHIVES LA PRESSE

Josée Scalabrini, présidente de la Fédération des syndicats de l’enseignement (FSE-CSQ)

Depuis plusieurs années, on a fait de l’école un fourre-tout. À chaque crise sociale, la solution passait par l’école. Là, on a la possibilité de recentrer l’école sur l’essentiel. Qu’est-ce qu’on doit apprendre, qu’est-ce qu’on doit enseigner ? Et, en lien avec ça, quelle est la meilleure évaluation pour répondre de ces besoins ?

Josée Scalabrini, présidente de la Fédération des syndicats de l’enseignement (FSE-CSQ)

À court terme, dit-elle, le ministre Roberge doit statuer sur les savoirs essentiels qu’il faut enseigner dès la rentrée, ainsi que sur les méthodes d’évaluation.

Bonifier le programme de tutorat

Nathalie Morel, de la FAE, compte à son tour demander à Québec de bonifier le programme de tutorat offert aux élèves. Selon ce que rapporte La Presse Canadienne, le ministre de l’Éducation, Jean-François Roberge, a estimé la semaine dernière que 10 % des élèves ont accès au programme. Un pourcentage trop faible, estime la syndicaliste, alors que le nombre d’élèves en difficulté est plus important.

Au sommet, la FAE proposera également au ministre d’interdire aux centres de services scolaires et aux directions d’école de modifier les notes accordées aux élèves par les enseignants, « sous peine de sanction » lorsque des pressions s’exercent. La Fédération demandera aussi de faire une liste des savoirs essentiels à voir l’an prochain dans toutes les matières, de revenir à trois bulletins pour l’année scolaire 2021-2022 au secondaire et de reprendre les épreuves ministérielles de 4e et 5e secondaire.