Les employé-es de soutien scolaire affiliés au syndicat des employées et employés professionnels-les et de bureau (SEPB-Québec-FTQ) ont envoyé un signal clair au gouvernement provincial, samedi soir, en votant massivement en faveur d’un mandat de grève.

Léa Carrier Léa Carrier
La Presse

La décision a été prise au terme de quatre assemblées générales. C’est dans une proportion moyenne de 91 % que les membres, qui représentent autant des secrétaires que des interprètes et des éducateurs en service de garde, ont voté pour ce mandat de grève.

Selon la présidente du Conseil national du soutien scolaire (CNSS) du SEPB-Québec, Marie-Claude Éthier, le manque de reconnaissance et d’écoute de Québec, en pleines négociations pour le renouvellement de la convention collective, fait partie des sources de frustration. « On ne reconnait pas le travail fait par nos gens. Il est crucial, mais le gouvernement ne les écoute pas aux tables de négociations », tranche-t-elle.

Elle soulève aussi la précarité des emplois dans ce secteur, où 66 % des emplois sont soit temporaires, soit à temps partiel. Selon Mme Éthier, le personnel est placé dans une position d’extrême vulnérabilité, plusieurs d’entre eux n’atteignant même pas le salaire annuel minimum.

« On parle de stabilité auprès des élèves, que c’est important pour eux. Et à l’inverse, on maintient des postes de soutien dans la précarité. C’est un non-sens », déplore Mme Éthier.

Pourtant, ce n’est pas le travail qui manque. Déjà, avant la pandémie, le secteur était en pénurie de personnel. La problématique de surcharge de travail ne s’est qu’empirée au cours de la dernière année, selon la présidente du CNSS.

Il y a tellement de problèmes, tellement de frustrations. On a les solutions, mais le gouvernement n’est pas à l’écoute. Avec ce vote de grève, nous voulons lui envoyer un message clair. Mais au final, ce sont les élèves qui écopent.

Marie-Claude Éthier, présidente du Conseil national du soutien scolaire (CNSS) du SEPB-Québec

Dans un communiqué, Pierrick Choinière-Lapointe, directeur exécutif du SEPB-Québec, a exprimé son soutien au vote : « Le résultat est sans équivoque. Sur le plancher on entend et on ressent une colère et une frustration grandissantes en raison des négociations qui stagnent depuis trop longtemps. Ce gouvernement manque de respect envers ses employées du soutien scolaire qui tiennent le système d’éducation à bout de bras et qui sont en première ligne depuis le début de la pandémie. Nos membres en ont assez et ils ont décidé de se tenir debout face à un gouvernement méprisant et intraitable. »

La convention collective est échue depuis le 31 mars 2020. Aucune date n’a encore été annoncée pour la grève, d’une durée de cinq jours. Selon un communiqué de presse, elle sera utilisée « au moment jugé opportun ».

Les centres de service anglophones, New Frontiers (Montérégie) et Riverside (Montérégie) ainsi que Sir Wilfrid-Laurier (Laurentides) représentés par le SEPB-576 et le SEPB-577 ont voté respectivement à 88,5 % et 94 % en faveur de la grève alors que les Centres de service francophone Marie-Victorin (Montérégie) et Marguerite-Bourgeoys (Montréal), représentés par le SEPB-578 et le SEPB-579 ont donné un mandat de grève à leur exécutif dans des proportions respectives de 90 % et 90 %.

Le SEPB représente 7000 employés de soutien dans cinq commissions scolaires.