(Québec) Québec pourrait limiter le nombre d’admissions dans les cégeps anglophones dans le cadre du projet de loi modernisant la Charte de la langue française qui est attendu depuis des mois.

Hugo Pilon-Larose Hugo Pilon-Larose
La Presse

François Legault a confirmé jeudi que son gouvernement « regarde la possibilité de limiter le nombre de places dans les cégeps anglophones ». Il est toutefois exclu, comme il l’avait dit par le passé, d’étendre la loi 101 aux cégeps, ce qui aurait pu conséquence d’empêcher les étudiants issus du réseau scolaire francophone d’y avoir accès.

« On veut que les francophones qui veulent perfectionner leur anglais puissent aller au cégep en anglais », a dit le premier ministre, soulignant qu’il fallait trouver un équilibre puisque l’état du français est selon lui précaire à Montréal.

Jeudi dans La Presse, le Parti québécois a révélé qu’il travaillait aussi sur un projet de loi modernisant la loi 101, alors que la réforme « costaude » promise par le ministre responsable de la Langue française, Simon Jolin-Barrette, se fait attendre.

« Je vous demande d’être un peu patient, on va déposer le projet de loi bientôt », a dit M. Legault, rappelant que le contexte de la pandémie ne permettait pas au gouvernement d’avoir l’espace nécessaire pour mener à terme un débat linguistique.

Ouverture dans les oppositions

La cheffe du Parti libéral, Dominique Anglade, a pour sa part pressé Québec de déposer rapidement son plan en matière de protection du français, ne fermant pas la porte à appuyer des mesures plus contraignantes pour protéger le français dans la province.

« Je suis favorable à ce qu’on regarde toutes les options pour renforcer l’enjeu du français, pour faire en sorte que non seulement qu’on le défende mieux, mais qu’on en fasse davantage la promotion. Mais on en parle depuis des semaines, des mois, et il n’y a toujours pas de projet de loi déposé. On attend un projet de loi de la part du ministre », a-t-elle dit.

« Toutes les options qui font en sorte qu’on favorise et on fait la promotion du français, moi, je pense que c’est des options qu’il faut absolument regarder », a-t-elle ajouté, confirmant que son parti pourrait adopter des positions sur la modernisation de la loi 101 que les libéraux excluaient par le passé.

Le leader parlementaire de Québec solidaire, Gabriel Nadeau-Dubois, a pour sa part ouvert la porte à une mesure comme un plus grand contingentement dans les cégeps anglophones.

« On n’est pas fermés à des mesures de contingentement, mais il y a une chose qui est certaine, l’enjeu fondamental, c’est celui du financement. Les cégeps francophones, particulièrement en région, sont sous-financés au Québec. Il faut un réinvestissement majeur dans les cégeps francophones. La meilleure manière d’encourager les jeunes Québécois, les jeunes Québécoises à étudier au cégep en français, c’est de rendre nos cégeps francophones attrayants », a-t-il dit.