(Québec) L’annonce le 8 janvier dernier d’un programme de tutorat pour les élèves en difficulté ne s’est toujours pas concrétisée sur le terrain.

Caroline Plante
La Presse Canadienne

Pourtant, le temps presse, selon la porte-parole du Parti québécois (PQ) en éducation, Véronique Hivon.

« Il se fait déjà très tard et il y a des enfants pour qui ce sera insurmontable si on ne se met pas en action.

« Si on veut que tout ça ait un sens, et que ça puisse se déployer et faire une différence avant la fin de l’année, il est vraiment urgent de […] le faire atterrir », a-t-elle déclaré.

Le ministre de l’Éducation, Jean-François Roberge, avait fait baisser la pression le 8 janvier en annonçant un train de mesures pour faciliter la rentrée après le congé des Fêtes allongé à cause de la COVID-19.

Deux semaines plus tard, on ne sait toujours pas quand et comment sera déployé le programme de tutorat, ni combien de bénévoles (enseignants retraités, cégépiens, universitaires) ont été recrutés.

D’ailleurs, le service sera-t-il offert en présentiel ou à distance ? s’interroge le président de la Fédération québécoise des directions d’établissement d’enseignement (FQDE), Nicolas Prévost.

« Combien d’élèves par groupes de tutorat ? Est-ce que c’est du un pour un ? Du trois pour un ? On attend toutes ces clarifications-là, a-t-il dit. Oui, c’est une bonne nouvelle, mais il nous manque des balises.

« On voit tout le travail qu’il y a à faire pour nos élèves vulnérables, a-t-il ajouté, déplorant l’écart entre l’annonce et la mise en opération. Plus vite on va le mettre en place, plus ça va être bénéfique pour eux. »

Combien va valoir le 1er bulletin ?

Autre questionnement : la pondération du premier bulletin qui sera remis aux élèves à partir du 22 janvier et jusqu’au 5 février.

À l’origine, ce bulletin devait valoir 50 % de la note finale de l’élève. Mais le ministre a annoncé qu’il vaudra finalement moins, pour donner plus de chance aux élèves en difficulté de se reprendre.

M. Prévost dit vouloir être fixé « quand même assez rapidement » sur la pondération. Est-ce que le premier bulletin vaudra 40 % de la note finale, et le deuxième, 60 % ?

Mme Hivon plaide quant à elle pour de la flexibilité. Afin de ne pas pénaliser l’enfant inutilement, l’établissement devrait pouvoir choisir entre l’ancienne et la nouvelle pondération, selon elle.

« Un élève qui aurait réussi parce qu’il a eu une bonne première étape, mais que pour toutes sortes de raisons, […] il a une plus difficile deuxième étape, […] ce serait difficile de justifier qu’il ait un échec. »

L’enfant qui tombe malade, par exemple, peut connaître de grandes difficultés, rappelle Mme Hivon, tout comme les élèves dont la classe ferme et qui basculent en mode virtuel.

Selon les données officielles du gouvernement, 364 classes étaient fermées en date du 19 janvier. C’est 359 de plus qu’au 11 janvier. Il y a présentement 1904 cas actifs de la COVID-19 dans le réseau.

L’attachée de presse du ministre, Geneviève Côté, a déclaré à La Presse Canadienne que le gouvernement attendra les résultats du premier bulletin avant d’en déterminer la pondération.

« Concernant le programme de tutorat, une annonce aura lieu en temps et lieu », a-t-elle ajouté.