Des milliers de cégépiens de Montréal feront leur session d’automne à distance, a appris La Presse. La situation particulièrement critique dans la métropole force les établissements à revoir leurs manières d’enseigner avant la rentrée de la fin août.

Marie-Eve Morasse Marie-Eve Morasse
La Presse

Cette décision a été prise de concert avec la santé publique de Montréal.

« Force était de constater qu’il fallait qu’on se mette à élaborer des scénarios pour avoir une rentrée d’automne avec une très grande majorité de notre formation à distance », dit la vice-présidente du Regroupement des cégeps de Montréal, Nathalie Vallée. Ce regroupement réunit les 12 cégeps publics de la métropole.

Chaque établissement décidera du déroulement de la session automnale en fonction des programmes qu’il offre, mais « tout ce qui peut se faire à distance, va se faire à distance », dit Nathalie Vallée, qui est aussi directrice générale du collège Ahuntsic.

Dans ce cégep du nord de Montréal, le personnel a appris la nouvelle mardi. « Personne n’était surpris. Les gens étaient déçus parce qu’ils aiment travailler ensemble, mais ils n’étaient pas surpris de l’angle que prennent les choses. »

Malgré la consigne générale de faire l’enseignement à distance, il reste que certains étudiants devront se déplacer, notamment les étudiants des programmes techniques.

« Je pense à nos programmes de la santé, par exemple en médecine nucléaire ou en échographie médicale, certaines techniques ne s’apprennent pas à distance », illustre Nathalie Vallée. Il faudra alors revoir la configuration des locaux pour respecter les règles de distanciation physique.

En point de presse mardi, le premier ministre François Legault a déclaré qu’il était « trop tôt » pour dire comment se déroulerait la rentrée dans les cégeps et universités du Québec.

« Il faut voir jusqu’à quel point on va réussir à reprendre le contrôle du virus, de la propagation du virus, et là, dépendamment de la situation, on va pouvoir, avec la Santé publique, mettre des consignes. Je souhaite ardemment qu’en septembre on soit capables d’avoir des cours en personne dans nos universités, nos cégeps », a déclaré le premier ministre.

Un portrait variable

Qu’en est-il ailleurs au Québec ? À la Fédération des cégeps, on indique que les 48 établissements membres sont en contact, mais que la situation est différente dans chacune des régions de la province.

« Comme tout le monde, nous travaillons avec différents scénarios, dont celui que vous évoquez : la reprise de la session à distance et un accès bien encadré à certains laboratoires et à certaines installations matérielles nécessaires pour plusieurs programmes techniques. Bien entendu, nous suivrons les consignes de la santé publique », écrit la porte-parole de la Fédération, Judith Laurier.