Si le gouvernement Legault est bel et bien prêt à offrir des augmentations de salaire plus élevées aux enseignants que celles qu’il a offertes aux autres employés de l’État, il ne l’a pas encore fait savoir aux principaux intéressés.

Lia Lévesque
La Presse canadienne

La Centrale des syndicats du Québec (CSQ), qui représente la majorité des enseignants du primaire et du secondaire, soit 67 000 d’entre eux, attend toujours de voir ces offres salariales censées être plus généreuses pour les enseignants.

En septembre dernier, le premier ministre François Legault avait prévenu les employés de l’État qu’ils ne devaient pas s’attendre à des hausses supérieures à l’inflation, sauf dans le cas des préposés aux bénéficiaires et des enseignants — pour lesquels le Québec accuse une pénurie. De plus, les enseignants du Québec sont les moins bien payés au Canada, selon Statistique Canada.

En décembre, Québec a offert aux employés de l’État un montant forfaitaire et 7 % d’augmentation sur cinq ans.

« Pour l’instant, les seules offres salariales pour le personnel en éducation, en santé et services sociaux, c’est 7 % sur cinq ans qui ont été déposées en décembre. Il n’y a pas l’ombre du début d’une offre patronale différente de celle-là », a résumé Sonia Éthier, présidente de la CSQ en entrevue avec La Presse canadienne, lundi.

À l’heure actuelle, l’échelle de salaire des enseignants va de 42 431 $ au premier échelon à 82 585 $ au 17e et dernier échelon.

Les échelons non plus

Québec s’était aussi dit prêt à supprimer les premiers échelons de leur échelle salariale, afin d’attirer des candidats dans la profession.

Là encore, Mme Éthier dit attendre que les affirmations publiques prennent forme à la table de négociation.

Même aux tables sectorielles (de l’éducation), « il n’y a pas eu d’offres patronales qui étaient à l’effet, comme il l’avait dit publiquement, de faire disparaître les six premiers échelons de l’échelle salariale. La partie patronale n’a pas bougé du tout, du tout, du tout sur le plan salarial. On est à la même place qu’en décembre », a rapporté Mme Éthier.

« Quand le ministre de l’Éducation annonce ça, je pense qu’il faudrait peut-être qu’il passe un mémo à son collègue du Conseil du trésor, parce que les dernières offres qu’on a reçues sont insultantes, sont appauvrissantes, parce qu’elles sont en bas de l’inflation. Il n’y a aucune discussion là-dessus aux différentes tables », a rapporté la dirigeante syndicale.

Le 25 février, le ministre de l’Éducation, Jean-François Roberge, avait réitéré son optimisme, malgré la grogne des syndicats d’enseignants envers sa réforme de la gouvernance scolaire et envers la négociation de la convention collective.

« Il y a eu des dépôts (d’offres patronales). La convention n’est même pas terminée. On est au début de quelque chose. On va s’ajuster, on va négocier, c’est le principe de base de la négociation. Et je suis convaincu qu’à la fin, tout le monde va signer, le sourire aux lèvres. Les conditions d’apprentissage des élèves vont s’améliorer ; les conditions d’enseignement vont s’améliorer. Donc, il y a de l’espoir et il y a des jours plus heureux devant nous », avait déclaré le ministre Roberge.

Les conventions collectives des secteurs public et parapublic, dont celle des enseignants, viennent à échéance à la fin du mois.