(Québec) Au lieu d’un enseignement des religions qui suscite la « division », le futur cours remplaçant Éthique et culture religieuse (ECR) doit porter sur les valeurs communes du Québec et son modèle d’intégration des immigrants, soutient l’aile jeunesse de la Coalition avenir Québec (CAQ).

Tommy Chouinard Tommy Chouinard
La Presse

L’éducation à la citoyenneté et le développement de l’esprit critique doivent également faire partie du nouveau programme, selon elle.

C’est ce que prévoit son mémoire produit dans le cadre des consultations du gouvernement Legault en vue de remplacer le cours d’ECR dans les écoles à la rentrée de 2022.

« ECR accentue le rôle de la religion dans la vie publique et l’utilise pour diviser, lit-on dans le document. Misant largement sur des stéréotypes et généralisant abusivement des pratiques partagées par une fraction de croyants. »

Selon l’aile jeunesse, ce cours a été « politisé à outrance depuis sa genèse » en 2008, alors que le gouvernement libéral de Jean Charest « a choisi d’imposer son point de vue aux générations montantes » et d’« étouffer un débat légitime qui avait alors lieu au Québec, celui sur les accommodements raisonnables ».

Elle souhaite plutôt « une formation citoyenne digne de ce nom » mettant l’accent « sur des enseignements concrets et utiles dans la vie de tous les jours pour vivre en société ».

Elle considère que « la gestion du pluralisme et de la diversité » est l’« un des ratés majeurs » du cours d’ECR.

Interculturalisme

Plutôt que d’enseigner le vivre-ensemble de manière clivante comme cela pouvait être le cas depuis 2008, l’aile jeunesse de la CAQ « appuie la mise de l’avant des valeurs québécoises et de l’interculturalisme comme modèle d’intégration, des éléments qui rassemblent la vaste majorité des Québécois ».

Toujours selon son mémoire, l’interculturalisme « reconnaît le pluralisme qui compose la société québécoise, tout en valorisant les échanges et l’appartenance à une culture partagée, caractérisée par une langue, des institutions et une histoire commune. Ce modèle, qui permet à tous de trouver leur place au sein d’une culture nationale unique, rassemble les Québécois et doit servir de base à l’enseignement du vivre-ensemble ».

La religion ne serait « pas écartée comme si ça n’avait jamais existé », mais sa place serait largement réduite, explique le président de la Commission de la relève de la CAQ, Keven Brasseur.

Les jeunes caquistes souhaitent également que le nouveau cours traite de participation citoyenne et de démocratie. « Au sortir de l’école secondaire, les jeunes Québécois disposent d’une connaissance assez pauvre du fonctionnement de la démocratie québécoise », déplore-t-on.

Le nouveau cours doit également porter sur l’éducation à la sexualité. Le consentement sexuel et le harcèlement doivent être abordés dans les écoles, surtout « après la vague de #moiaussi », font valoir les jeunes caquistes.

Il faut aussi traiter d’éducation juridique et de citoyenneté numérique, selon eux. Enfin, le cours revu et corrigé devrait accorder « une importance primordiale au débat et à la pensée critique, notamment en amenant les élèves à réfléchir sur des questions éthiques et philosophiques ».